Les conditions du choix de l’unité d’oeuvre.
L’unité d’oeuvre choisie pour un centre doit pouvoir:
- exprimer par sa mesure monétaire la fourniture de services qu’assure ce centre ce qui suppose que la relation entre l’activité et le coût soit mesurable et faciliter ainsi les transferts de charges;
- permettre le contrôle des rendements et de la productivité, en particulier la détection des écarts entre la productivité réelle et la productivité considérée comme normale ou moyenne.
Elle doit, en outre:
- correspondre à l’activité du centre et aux gammes d’opérations;
- avoir pour tous les intéressés, une signification concrète qui permette de passer des opérations techniques à l’évaluation en francs, et inversement.
Le choix de l’unité d’oeuvre est délicat. Une activité étant définie, il peut exister diverses façons de la mesurer. Que choisir? L’heure ouvrier (heure de travail ouvrier), l’heure machine (heure de travail de la machine), le nombre d’unités usinées, le poids ou le volume des quantités traitées, l’unité d’énergie consommée, le m2 de locaux, etc…
Sans doute est on conduit quand on organise pour la première fois une comptabilité analytique d’exploitation à définir a priori, compte tenu toutefois des conditions d’exploitation prévisibles, l’unité d’oeuvre correspondant à chaque centre d’activité. Mais le choix définitif doit être effectué à partir d’observations et de contrôles, de manière que ce choix assure la meilleure corrélation possible entre la variation des coûts et la variation en quantité des prestations fournies.
Le choix de l’unité d’oeuvre est un problème de corrélation
que l’on résout par un procédé graphique ou par calcul en utilisant une méthode d’ajustement linéaire.
Méthode graphique simple.
Marquons sur trois graphiques, à partir d’axes de coordonnées orthogonaux, les points représentatifs des coûts en fonction:
- des nombres d’heures de travail machine (fig. 8 l);
- des nombres d’heures de travail ouvrier (fig. 8 2);
- des nombres de pièces produites (fig. 8 3).
Nous constatons que c’est dans le second graphique que les points se trouvent les plus proches d’une ligne droite et que la corrélation est la meilleure entre le nombre d’heures de travail ouvrier et le coût. Nous choisirons donc pour unité d’oeuvre l’heure de travail ouvrier, de préférence à l’heure de travail machine et surtout au nombre de pièces.
Méthode graphique semi logarithmique (fig. 8 4).
Le graphique montre que la courbe des nombres d’heures ouvriers est celle qui se rapproche le plus de celle des coûts. Cette constatation confirme le choix qui vient d’être fait.
Les conclusions générales (d’après le P.C.G.).
Il y a lieu de choisir pour un centre de travail l’unité d’oeuvre suivante:
heure de main d’oeuvre, quand:
on peut pointer le travail par opérateur (ou par équipe);
les temps de travail de l’opérateur et de la machine sont étroitement
heure machine, quand:
- on peut pointer le temps de travail de chaque machine (ou groupe de machines) ;
- le temps de fonctionnement de la machine est sans rapport avec le temps de travail de l’opérateur qui la sert;
- les frais de fonctionnement du poste (énergie ou fluides, entretien du matériel, consommation et affûtage de l’outillage) sont importants relativement à ses frais de main d’oeuvre;
- l’amortissement du poste de travail est important.
unité de fourniture travaillée, quand:
- les temps de main d’oeuvre et ceux de fonctionnement de la machine par produit sont difficiles ou impossibles à pointer;
- les fournitures travaillées font l’objet d’un pointage.
- unité « de produit », dans un atelier de fabrication spécialisé dans une production ou un service bien déterminé ou dans une fabrication en série, notamment si le centre de travail n’intervient dans le processus d’élaboration que pour un seul produit ou pour des produits pouvant être ramenés à une unité type d’équivalence.