Système Centralisateur
Dès le début du XVIIe siècle avec Turquet de Mayerne, Stévin, Boyer, existent les principes de ce qui sera le Système Centralisateur:
Suppression du Journal unique, remplacé par des Journaux divisionnaires, en nombre variable, selon la complexité des opérations, tous tenus selon les règles que la pratique et la loi imposent à tout Journal pour qu’il puisse remplir son rôle technique: expression en formules comptables des opérations effectuées, une par une, et son rôle juridique: preuve préconstituée des opérations effectuées.
Ces journaux divisionnaires comportent des colonnes d’analyse pour faciliter la condensation des écritures.
Apparition d’un document d’importance secondaire et d’une utilité contestée, généralement un registre, appelé à tort Journal général, ayant seulement pour objet de révéler l’existence de tous les Journaux divisionnaires pour qu’aucun ne puisse être dissimulé, et de préparer, par centralision des écritures, les reports au Grand Livre.
Souvent d’ailleurs aujourd’hui, dans les Comptabilités centralisatrices les plus modernes, Journal général, Grand Livre général, et Balance générale, sont remplacés par un Registre centralisateur unique tenant lieu à la fois de ces trois organes, et qui, correctement tracé, et correctement utilisé, représente vraiment un très remarquable progrès dont peut tirer grand profit tout Chef d’Entreprise.
Double fonction du Journal
Dans toute comptabilité le rôle du Journal unique ou des Journaux divisionnaires qui l’ont remplacé, apparaît comme primordial.
Ce rôle a souvent été mal compris par beaucoup d’organisateurs n’ayant de la comptabilité qu’une connaissance superficielle, et même par beaucoup de comptables plus soucieux de sacrifier à un faux progrès que d’approfondir les raisons d’être des règles de leur métier.
L’importance très grande du Journal, ou des journaux, a un double fondement, mathématique et juridique.
En mathématique, sur le plan scolaire comme sur le plan scientifique le plus élevé, il ne suffit pas de donner la solution d’un problème; il faut en outre faire connaître toute la série des opérations effectuées, des égalités transformées pour y aboutir, afin que chacun puisse, s’il en est capable, vérifier le processus du raisonnement. De même, le Journal décrit toutes les opérations effectuées, dans l’ordre où elles ont été constatées, et la suite des égalités comptables qui les ont exprimées, pour que chacun, s’il en est capable, puisse s’assurer de l’exactitude des formules et de leurs conséquences.
En Droit également, il ne suffit pas d’affirmer un fait, il faut le prouver.
Et seul le Journal peut fournir cette preuve, parce que seul il décrit les opérations effectuées par l’Entreprise, une par une, de façon précise, chacune à sa date et dans son cadre habituel, au milieu des autres opérations du même jour.
Le Grand Livre affirme;
Le Journal prouve.
Rappelons enfin qu’autrefois, sous la Renaissance et même plus tard, l’usage était fréquent que les commerçants fassent signer leurs débiteurs ou leurs créanciers sur le Journal même, pour confirmer l’opération enregistrée.
Cet usage, qui remontait semble t il à l’époque romaine, s’est perdu.
Le commerçant est habilité par la loi à tenir seul, sous sa responsabilité, le Journal de ses opérations qui fera preuve en justice, jusqu’à preuve contraire.
Il en reste cette notion fondamentale que le commerçant ne doit inscrire sur son Journal que des faits certains, des opérations sur lesquelles il considère que ses clients, ses fournisseurs, ses banquiers, sont d’accord.
C’est pourquoi, par exemple, il ne peut débiter une remise d’effets au compte de sa Banque qu’après avoir reçu l’avis de crédit de celle ci.
La Comptabilité commerciale est une application de l’Algèbre aux faits juridiques et économiques, formulant ces faits en équivalences, et permettant d’effectuer sur ces formules les calculs qui en mesurent les conséquences, analysées jusqu’aux prévisions.
Le rôle du Journal est d’enregistrer fidèlement formules et calcul.
Ainsi donc s’explique et se justifie par le rôle qu’il joue l’importance très grande du Journal.
Ainsi s’explique et se justifie l’obligation de le tenir, et de le tenir en observant certaines règles.
Règles techniques:
- Enregistrer chronologiquement les opérations constatées;
- Formuler chaque opération en égalité comptable;
- Vérifier l’exactitude des formules ou écritures en totalisant membre à membre les égalités et en constatant l’égalité des totaux.
Règles juridiques aussi:
- Faire parapher le journal avant tout usage, pour empêcher toute substitution ou reconstitution tardive;
- Tenir le journal de telle sorte qu’aucune écriture ne puisse être supprimée, modifiée, ou ajoutée, sans que cette altération apparaisse nettement;
- Le tenir à jour.
Laissez un commentaire