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La seconde synthèse à effectuer est celle des comptes de Charges et de Produits.
Cette synthèse s’est faite, elle se fait encore de deux façons différentes:
D’une part, par la détermination du Résultat pour chaque opération effectuée, ou par série d’opérations identiques, chaque série étant considérée comme constituant une opération unique limitée. Puis on opère la totalisation algébrique de ces résultats partiels pour obtenir le résultat global. C’est le procédé le plus ancien, semble t il. C’est aussi celui encore utilisé de nos jours par un certain nombre de types d’entreprises;
D’autre part, par détermination directe du résultat pour l’ensemble des opérations effectuées, considérées comme non différenciées entre elles. Ce procédé apparu plus tardivement, vers 1581, est celui généralement en usage actuellement dans le commerce.
Gottlieb en 1531, Savonne dans sa première édition en 1567, Fustel en 1588, parmi d’autres, nous font connaître qu’à leur époque le bénéfice est déterminé dans des comptes distincts, ouverts à chaque lot de marchandises achetées, puis revendues, ou bien pour chaque voyage entrepris par un navire, puis terminé.
Pour notre commodité, nous appellerons ici ces comptes des comptes de rendement, ou encore des comptes d’opérations.
Ces auteurs font ensuite la somme des résultats nets par opération terminée, résultat pouvant être, pour chaque opération, soit un bénéfice, soit une perte; et de cette somme, ils déduisent les frais communs à toutes les opérations pour dégager le résultat net de l’entreprise.Considérons par exemple le cas d’un grand négociant.
Ce négociant achète des lots de marchandises à Valenciennes un lot de dentelles, à Lyon un lot de soieries, ailleurs un lot de brocart, etc. A chacun de ces lots il ouvre un compte : nous aurons donc un compte « Dentelles de Valenciennes », un compte «Soieries de Lyon », étant bien précisé qu’il ne s’agit pas d’un compte représentant toutes les soieries de Lyon achetées par le négociant, mais tel lot de soieries de Lyon achetées tel jour à telle personne. Ce compte est débité du prix d’achat et de tous les frais d’achat ou de vente, il est crédité des prix de vente au fur et à mesure des ventes. Son solde, lorsque le lot sera entièrement vendu, sera par conséquent le bénéfice (ou parfois la perte) réalisé sur l’opération.
Seul, ce résultat net des opérations achevées, apparaît au compte Profits et Pertes.
Quant aux opérations en cours, elles comprennent des charges, y compris l’achat des marchandises, et les produits des ventes déjà effectuées. Leur solde est tout d’abord débiteur, les charges excédant les produits; mais lorsqu’on arrive vers la fin de l’opération, alors que la totalité des marchandises n’est pas encore vendue, le solde peut devenir créditeur, les ventes partielles dépassant déjà le total des achats et des frais.
Ce solde, débiteur ou créditeur, sera inscrit au bilan et se trouvera ainsi reporté jusqu’à l’exercice qui verra leur achèvement. Il est donc inutile de faire un inventaire des marchandises à l’époque du bilan. En fait, il n’est pas question à cette époque d’inventaire des marchandises dans un but purement comptable; il n’est même pas question d’exercice au sens actuel, ni même de bilan tel que nous entendons ce terme.
Une telle méthode suppose évidemment que chacune des opérations soit suffisamment importante et durable pour pouvoir être suivie isolément dans un compte spécial.
C’est encore ainsi qu’ont été tenues jusqu’à nos jours beaucoup de comptabilités dans les entreprises de travaux publics et dans les entreprises de navigation maritime. De même encore, les entreprises de production de films cinématographiques ont instinctivement adopté la même méthode.
Insistons bien sur le fait que cette méthode suppose des opérations parfaitement individualisées, d’une importance et d’une durée suffisantes pour qu’elles puissent être suivies dans des comptes spécialisés. C’est un cas fréquent dans l’industrie. C’est un cas exceptionnel dans le commerce, et c’est pourquoi une autre méthode a dû être imaginée.
La transition s’est faite d’une méthode à l’autre par l’intermédiaire d’un compte appelé « Marchandises diverses ».
Chez les grands négociants, en dehors des achats de lots importants de marchandises permettant l’ouverture de comptes d’opérations, il est certain qu’il se produisait des achats de moindre importance, l’achat de petits lots de marchandises destinées à être revendus en une seule fois.
Pour ces petits lots plus ou moins nombreux, ne comportant généralement pas grand charges spécialisées, il devenait difficile, sinon impossible, d’ouvrir des comptes par opérations. On les a donc tous réunis dans un compte unique intitulé à cette époque « Marchandises diverses ». Ce compte Marchandises diverses était donc débité des achats de lots de marchandises, crédité de la vente des lots revendus. Son solde, à une époque quelconque, représentait à la fois la valeur des lots achetés et non revendus, et le bénéfice ou la perte résultant de la vente des lots ayant été revendus.
Il importait de pouvoir, au moins de temps à autre, analyser ce solde du compte Marchandises diverses en séparant l’élément bénéfice ou perte de l’élément valeur d’achat des lots non encore revendus.
Pour ce faire, une méthode s’est imposée. Puisqu’il s’agit de lots non revendus, les marchandises existent encore dans le magasin; il suffit d’aller les inventorier, de les évaluer à leur prix d’achat, puis de retrancher la valeur d’achat des lots non revendus du débit du compte Marchandises diverses. Le solde ne représente plus que le bénéfice ou la perte résultant des opérations terminées : achats suivis de reventes.
Quant à cette valeur de stock, ainsi déterminée par inventaire, et retranchée du compte Marchandises diverses, elle représente les Opérations en cours (Achats non encore suivis de revente) et constitue un élément d’actif destiné à s’inscrire un jour à l’actif du bilan.
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