Les principes de la classification rationnelle

Classification rationnelle se propose de classer non pas des comptes, mais des Faits: tous les Faits susceptibles d’être enregistrés un jour dans la comptabilité, quand bien même ces faits ne seraient pas actuellement connus.

Deuxième principe:

En partie double, puisque cette méthode comporte « deux comptabilités distinctes », tous les Faits susceptibles d’influer sur le Résultat font l’objet de deux classifications, d’une part en les considérant comme causes directes du résultat, d’autre part dans leurs effets sur les éléments du patrimoine de l’Entreprise, ce qui détermine aussi le Résultat.

Troisième principe:

Selon le principe de Descartes, la Classification rationnelle procède à des analyses successives, chaque analyse étant totale, c’est à dire conçue de façon à ne pouvoir laisser échapper aucun Fait.

Quatrième principe:

La Classification rationnelle se propose comme fin de faciliter l’étude de la situation et de la gestion de l’entreprise.

Pour atteindre ce but, les Faits, considérés en premier lieu comme causes du résultat (Charges ou Produits), seront classés selon leur fonction économique dans l’Entreprise.

Il est vrai que leur fonction dépend souvent de leur nature, mais c’est là une coïncidence, non une règle.

Il s’ensuit que si un classement des faits selon leur nature peut être valable pour toute Entreprise, leur classification selon leur fonction, à peu près semblable dans toutes les Entreprises, ne peut cependant être mise au point définitivement que dans chaque Entreprise, selon les conditions de fonctionnement de celle ci.

En second lieu, et en ce qui concerne les effets des Faits comptables sur les actifs et les passifs, ces derniers seront classés selon, non pas simplement leur nature, mais également selon leur fonction économique à l’égard des opérations de l’Entreprise, comme le voulait déjà Pacioli.

Entrée dans l’Enseignement dès 1920 ou 1921 tout au moins, elle a rapidement envahi la plupart des comptabilités. Adoptée par le Plan rationnel d’organisation des comptabilités du C.N.O.F. (1942 45), elle se retrouve notamment dans le modèle de Bilan présenté par le Plan Comptable général français.

Ce Plan lui a d’ailleurs apporté une distinction nouvelle qu’elle ne comportait pas, mais qui est bien du même esprit, celle des Charges et Produits normaux, et des Charges et Produits anormaux.

Le Bilan type et le Compte de Pertes et Profits type des Banques reposent également sur elle, à ceci près que l’ordre adopté pour l’Actif est la liquidité décroissante (comme le préconisait Pacioli); et, pour le Passif, l’exigibilité décroissante; ce qui se conçoit parfaitement pour une Banque, ses liquidités étant pour elle son outil de travail, comme le sont les immobilisations pour un industriel.

 

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