La classification rationnelle

C’est, semble t il, entre 1915 et 1920, que commence à se répandre une nouvelle classification des comptes d’Actif et de Passif, dite Classification rationnelle, qui devait aller sans cesse en se perfectionnant et en s’affirmant. Son auteur nous est inconnu. Mais nous avons de bonnes raisons de croire qu’elle est née à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales, et qu’elle est le fruit des réflexions communes de nombreux professeurs.

Cette Ecole, « l’H.E.C. », a eu sur la comptabilité moderne une influence incontestable, très grande et très heureuse à la fois.

L’une de ses caractéristiques est que très fréquemment les Professeurs et les examinateurs sont d’anciens élèves.

Il en résulte une véritable tradition ainsi qu’un esprit d’équipe très favorable à la formation d’une doctrine.

La classification rationnelle fut conçue tout d’abord pour les comptes du Bilan seulement. On l’étendit plus tard aux comptes de Charges et de Produits. Ainsi complétée, elle repose toute entière sur la notion de fonction économique dans l’Entreprise soit des Biens et des Droits (actifs et passifs) soit des Faits eux mêmes, représentés par les comptes de Charges et de Produits.

Elle est étroitement liée à une définition de la Partie double, qui, bien que déjà ancienne, a été peu remarquée jusqu’à ces dernières années, et qu’il importe d’exposer tout d’abord.

Cinquième définition de la partie double: les ordres de comptes.

Le principe mathématique du Mode de Venise tient dans l’existence du Compte Pro et Danno.

Ce compte se fragmenta peu à peu.

Dès 1586, Pietri lui substitue plusieurs comptes, par nature de charges et de produits.

Au début du XIXe siècle, il en existait déjà une liste très complète.

En 1816, Jaclot, recherchant le principe fondamental de la partie double, et tenant compte du progrès accompli par la création de ces comptes détaillés de charges et de produits, montre que le « système de la partie double consiste à faire marcher ensemble et dans le même temps deux comptabilités distinctes, dont l’une sert de contrôle à l’autre ».

L’une de ces comptabilités, qui enregistre toutes les opérations du commerce considérées dans leurs effets, est formée par les comptes d’actif et du passif.

En 1567, Savonne à son tour, pressent la définition, sans éprouver le besoin de l’énoncer, disant simplement que, dans cette méthode le bénéfice peut se déterminer soit par différence entre l’Actif et le Passif, soit « en déduisant du solde créditeur de Pertes et Profits le montant des frais ».

La définition de Jaclot est reprise vers 1920 par Monsieur le Professeur Gitti, qui cite M. Albert Dupont.

Nous la retrouvons en 1927, mise en formules par la plume de Gabriel Faure, lorsqu’il étudie la doctrine positive de Dumarchey qui serre de très près la théorie pacioliste de la Partie Double.

Gabriel Faure conseillait même de tenir les deux sortes de comptes sur des papiers de couleurs différentes, pour mieux souligner leur opposition.

Cette conception est, en fait, implicitement, le fondement depuis 1494 de la Comptabilité à Partie Double. Elle est aussi celui de la Classification rationnelle.

 

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