Détermination du résultat par exercices: Comptabilités par exercices
Au cours du XVIe siècle, la comptabilité prit une importance toujours plus grande. Ce ne furent pas simplement les banquiers, les armateurs, les gros négociants qui voulurent avoir une comptabilité, mais de simples commerçants détaillants qui, jusque là , s’étaient contentés d’un compte de caisse.
Ils firent appel aux comptables, et ceux ci vinrent chez eux avec leurs connaissances, qui se réduisaient à celle de la méthode de la comptabilité par opérations. Mais ici ils ne trouvèrent pas d’opérations dignes qu’on leur ouvrît un compte spécial, un compte d’opérations. En conséquence, ils ouvrirent en tout et pour tout le compte Marchandises diverses, ce qui entraîna la nécessité de faire périodiquement inventaire. De là sont nés l’inventaire et l’exercice.
C’est cette méthode que Savonne expose dans sa seconde édition (1581).
Au XVIIe siècle, le procédé était devenu courant, et la notion d’exercice se trouve être incluse dans l’ordonnance de 1673 sur le commerce.
L’exercice est dès lors imposé même aux comptabilités par opérations qui n’en ont nul besoin et s’en trouvent aujourd’hui encore souvent gênées.
Vers la fin du XIXe siècle, le compte Marchandises diverses avait changé de nom, il s’appelait Marchandises générales. Il enregistrait à son débit les achats, tous les frais sur achats et tous les frais sur ventes, les escomptes accordés, les rabais accordés, les commissions payées; et, à son crédit, les ventes, les rabais obtenus, les escomptes obtenus, les commissions obtenues (tous produits ou charges qui eussent été portés dans des comptes d’opérations, par opération, s’il avait pu en être ouvert).
Un besoin d’analyse se fit sentir, et au début du XXe siècle le compte Marchandises générales éclata. Il fut remplacé par une série de comptes spécialisés, représentant les achats, les ventes, chaque nature de frais sur achats et de frais sur ventes, et les diverses sortes d’escomptes, de rabais ou de commissions. Mais, en fin d’exercice, tous ces éléments dispersés du compte marchandises générales étaient à nouveau rassemblés dans un compte de synthèse appelé « Exploitation » (tout court, sans adjectif à cette époque là ).
Ce compte Exploitation était donc l’équivalent du compte Marchandises diverses d’autrefois. Il était crédité de la valeur du Stock.
Enfin, vers 1840, était apparu un perfectionnement à la méthode du compte Marchandises générales. Ce perfectionnement décrit par Quellin, en 1840, et par d’autres auteurs après lui, c’est la permanence de l’inventaire. Il permettait de faire sortir du compte Marchandises générales les achats correspondant à des opérations terminées au moment même où la vente se produit.
Ce procédé, extrêmement précieux dans certaines applications, était néanmoins inapplicable dans la majorité des cas du commerce, et la méthode de la comptabilité par exercices, pure et simple, est demeurée la méthode la plus répandue. A tel point qu’elle fit même oublier quelque peu la comptabilité par opérations, c’est à dire la vraie comptabilité, alors que la comptabilité par exercices n’est qu’un subterfuge qui doit être réservé aux cas, à vrai dire extrêmement nombreux, où il n’est pas possible de tenir une comptabilité par opérations.
Les conditions du choix entre les deux méthodes sont donc simples à définir: si les opérations qu’il s’agit d’enregistrer sont parfaitement différenciées entre elles, suffisamment importantes et durables, c’est la comptabilité par opérations qui doit être appliquée de préférence. Au contraire, la comptabilité par exercice doit être réservée par nécessité aux cas où ces conditions ne sont pas réunies.
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