Incorporation sur provisions, matières et autres charges
Différences d’incorporation sur provisions
De même, « les dotations aux comptes de provisions obligatoirement inscrites en comptabilité générale ne peuvent pas toujours être utilisées pour une connaissance raisonnée des coûts.
En effet:
- l’inscription de ces dotations en comptabilité générale répond à des exigences juridiques,
- en second lieu, elles sont calculées en fonction des événements économiques affectant l’exercice en cours et peuvent varier d’un exercice à l’autre de façon très inégale.
La comptabilité analytique d’exploitation permet de déterminer correctement les coûts en substituant aux dotations inscrites en comptabilité générale des « charges étalées » selon des critères purement économiques.
Dans beaucoup d’entreprises, ces calculs portent sur les charges suivantes :
- dépréciations du stock de matières, des fournitures, des produits intermédiaires ou des produits finis, dues essentiellement à la rapidité d’évolution des technologies:
- dépréciations d’autres éléments d’actif non couverts par les charges d’usage lorsque les valeurs d’actif concernées diminuent de façon inéluctable (certaines valeurs inscrites à «fonds de commerce» par exemple);
- risques: frais de gros entretien et réparation, pertes et charges accidentelles d’exploitation non couvertes par des assurances; charge de garantie donnée au client lorsque celle ci dépasse le cadre d’un exercice. »
Exemple
Un industriel doit normalement engager dans quatre ans, des réparations évaluées 800 000 F. Il devrait cette année constituer une provision pour risques de 800 000 F: 4 = 200 000 F.
Or pour des raisons de mévente passagère de ses produits, il ne constitue en comptabilité générale qu’une provision de 50 000 F.
En comptabilité analytique, la charge étalée doit être de 200 000 F.
Il en résulte une différence d’incorporation de : 200 000 F – 50 000 F = 150000F.
Différences d’incorporation sur matières
Cette différence sera étudiée ultérieurement
Différences d’incorporation sur autres charges
Des différences entre le montant des charges effectives et le montant incorporé dans les coûts résultent fréquemment de l’abonnement des charges.
L’abonnement permet d’étaler des charges dont la périodicité d’enregistrement en comptabilité générale (loyers, chauffage) est plus grande que la période de calcul des coûts (souvent le mois).
On résout le problème en évaluant la dépense annuelle et en la divisant par le nombre de périodes de calcul des coûts (12 ou 11 mois par année). Cette répartition présente parfois un caractère approximatif.
Exemple
On prévoit que pour l’année qui commence la dépense annuelle de chauffage sera de 132 000 F. Si l’entreprise travaille pendant 11 mois, on introduira mensuellement dans le calcul des coûts une charge de:
132 000F x 1/11 12 000F.
Il serait extraordinaire que la dépense effective soit exactement égale à la prévision. Si elle est, par exemple, de 135 000 F, on notera une différence d’incorporation de 135 000 F – 132 000 F = 3 000 F.
Il est possible aussi, en cours d’exercice, de rectifier la prévision si l’on s’aperçoit que, par suite de variations importantes des cours, elle risque d’être trop éloignée de la réalité. En cas de hausse des prix en cours d’exercice, les dernières mensualités seront alors plus élevées que les premières: ce qu’il faut rechercher, c’est que les coûts traduisent d’aussi près que possible la réalité. Dans tous les cas, les charges sont régularisées en fin d’exercice.
REMARQUE
Dans les industries à activités saisonnières, le problème de la répartition inégale des charges à périodicité non mensuelle peut se poser : on peut tenir compte, pour effectuer cette répartition, des différences d’activité entre les périodes mensuelles.
Laissez un commentaire