La mesure de la production
May 2, 2008 – 1:42 pm
Après avoir délimité le champ de la production retenu par la comptabilité nationale marocaine, nous allons passer, dans cette section, à présenter une méthode de son évaluation.
Méthode d’évaluation de la production
Un éleveur à produit une quantité de laine s’évaluant à 100 DH. La laine a été achetée par une entreprise de filature qui a fabriqué des fils de laine d’une valeur de 250 DH. Ces derniers sont vendus à une entreprise d’habillement qui a produit des vestes valant 500 DH.
Question:
Calculer la valeur de la production finale de la filière élevage, filature, Habillement?
L’approche qui consiste à additionner les productions élémentaires pour déterminer la production finale est évidemment erronée, parce qu’elle comporte des doubles emplois. Ainsi le montant de production finale (850 = 100 + 250 + 500) obtenu par une telle démarche a compté deux fois la valeur des fils de laine et trois fois celle de la laine.
Pour éviter ces doubles emplois, il est nécessaire de retrancher de la valeur des productions élémentaires, les valeurs de leurs consommations intermédiaires et on obtient ainsi la valeur ajoutée dégagée par chaque unité élémentaire de production. On note:
Valeur ajoutée = production-consommation intermédiaire
L’addition des valeurs ajoutées, dégagées au niveau des différents stades du processus de production, donne le montant exact de la production finale de tout le processus de production. Il s’agit d’un montant qui ne comporte pas de double comptabilisation.
Ainsi pour l’exemple précédent, le montant de la production finale
(100 0) + (250 100) + (500 250) = 100 + 150 + 250 = 500
Ou bien: (100+250+ 500) (l00+250)=850 350=500
Production Consommation Intermédiaire = Valeur ajoutée
C’est à dire que la production est égale à la somme des valeurs ajoutées réalisées respectivement par les trois branches : élevage filature habillement.
La production finale d’un pays obtenue par l’addition des valeurs ajoutées de toutes les unités économiques résidentes s’appelle aussi le produit intérieur brut (PIB).
P.I.B = Somme. V.A
Le PIB est, donc, une grandeur macro économique. C’est à dire un agrégat d’une importance considérable en ce sens qu’il mesure la quantité de biens et de services produite par les unités résidentes à l’intérieur d’un espace économique donné et dans un cadre temporel donné qui est généralement une année.
Le PIB est aussi l’agrégat le plus utilisé dans la comparaison de l’évolution des productions aussi bien dans le temps que dans l’espace. Mais à ce niveau, certaines règles de prudence doivent être prises en considération notamment celles rattachées aux changements des prix dans le temps (inflation).
Problèmes posés par l’instabilité des prix dans le temps.
La variation des prix d’une année à l’autre pose un certain nombre de problèmes au niveau de la comparaison des agrégats économiques exprimés en prix courants des différentes années.
Ainsi par exemple, si l’on veut comparer le PIB de 1990 qui a été de l’ordre de 207.876,4 millions de DH courants, au PIB de 1989 de valeurs de 191.576 millions de DH courants, on rapporte le PIB 90 au PIB 89 il vient:
- PIB9O / P1B89 = 207.876,4 / 915.761 = 1,085
- C’est à dire que le PIB 90 PIB 89 x 1,085
- (1,085) est appelé :coefficient multiplicateur (C.M)
- Cela veut dire que le taux de variation du PIB entre l’année 1989 et 1990 a été de 8,5%.
Ainsi on peut noter que :
- Taux var .= (C.M 1)l00 = 1.va 100 108,5 100 = 8,5%
- Taux var. = (PIB 90 PIB 89)/PIB 89 x 100 = 8,5 %
Cependant, il serait difficile de fournir une interprétation satisfaisante quant à l’évolution réelle du PJB entre ces deux périodes. Parce que l’augmentation de 8,5 % de 1989 à 1990 ne correspond pas seulement à l’accroissement des quantités produites de biens et services mais elle comporte aussi l’effet de la variation des prix entre les deux périodes considérées.
Ainsi, pour bien faire la part des choses et préciser dans l’augmentation du PIB ce qui est dû à l’accroissement réel des quantités produites et ce qui provient d’une simple élévation des prix, il est nécessaire de raisonner non pas en termes de DH courant mais en termes de DH constant.
La démarche en termes de DH constant permet d’éliminer les effets de la variation des prix et de retracer fidèlement l’évolution quantitative de la production. Autrement dit, il s’agit de calculer le taux de croissance réel du PIB de 1989 à 1990.Ce qui revient à calculer l’indice de volume qui se détermine par le rapport du PIB 90 au prix constant au PIB 89 au prix constant. Il vient:
- I.vo = {(PIB9O.Px 80) / (P1B89.Px 80)} 100
- = (105.728,2 / 103.004) = 1,026 x 100 102,6
- ce qui donne un taux de croissance du PIB de 2,6 %.
- (1,026 1) 100 = 0,026 x 100 2,6%
Si on sait que le taux de variation des prix entre 1989 et 1990 était de (5,8%), c’est à dire avec un coefficient multiplicateur de (1,058) on peut écrire :
- 1,058 x 1,026 = 1,085.
Généralisons la formule il vient:
- I.va = I.vo x I.px- 1,085 1,026 x1,058
N.B:
Il s’agit des indices mis sous forme de coefficients multiplicateurs.
En définitive, on peut conclure que l’augmentation en valeur du PIB entre l’année 1989 et 1990 et qui a été de 8,5 % était le résultat conjoint de l’accroissement quantitatif de la production de 2,6% et de l’évolution du niveau général des prix de l’ordre de 5,8%.
- (PIB 90/PIB 89) = (C.M) = 1,085
- I.va = C.M x 100 = 1,085 x 100 = 108,5
- Taux var. = (C.M l) x lOO = (1,085 1)100
- = 0,085 x 100 = 8,5%
- Taux var. = (1.va 100)100 = (108,5 100)/100 = 8,5%.