Le compte-écran: Impératif de simplification
May 2, 2008 – 1:27 pm
L’activité économique réelle se caractérise par un nombre astronomique d’opérations effectuées par les différents secteurs institutionnels. Pour se faire une idée de la masse de flux que les comptables nationaux devraient normalement enregistrer, on donne l’exemple simplifié suivant :
Exemple 1:
Soit une économie fictive composée de cinq secteurs institutionnels (S1, S2, S3, S4, S5 ) entretenant une seule opération. Visualisons cet exemple à l’aide d’un schéma puis d’un tableau.
Le Schéma ci dessus traduit visiblement le réseau de relations reliant les différents secteurs institutionnels entre eux. Par exemple, le secteur institutionnel (Si) est en relation avec lui même et avec les autres secteurs institutionnels (S2, S3, S4, S5). Il en est de même pour le reste des secteurs institutionnels.
Le schéma précédent peut être traduit sous forme d’un tableau.
La lecture des cases dans une optique de colonnes indique ce qu’un secteur institutionnel verse (emplois) aux autres secteurs institutionnels et à lui même. Ainsi (ia) par exemple, indique le total des emplois du secteur Si.
Par contre la lecture des cases dans une optique de lignes retrace ce que reçoit (ressources) un Secteur Institutionnel des autres secteurs et de lui même. Ainsi par exemple, (ai+ bl+ ci+ di+ el) implique le total des ressources du secteur Si.
Dans l’hypothèse retenue, c’est à dire cinq secteurs institutionnels et une seule opération, les comptables nationaux auront à enregistrer un nombre de flux équivalent à 52 x 1 = 25 flux.
Pour généraliser, nous disons que le nombre de flux à enregistrer (F) est égal au carré du nombre de secteurs institutionnels (S) fois le nombre d’opérations (O).
F = S² x O
Exemple 2:
Imaginons une économie composée de 30 sous secteurs exerçant 50 opérations. Le nombre de flux à enregistrer, dans ce cas, serait de 302 x 50 = 4.500 flux.
Un tel nombre de flux rendra, bien évidemment la tâche d’enregistrement impraticable. C’est pourquoi la comptabilité nationale fait recours à une méthode plus commode, pratique et simplificatrice. Il s’agit non pas de considérer les relations directes entre les secteurs institutionnels (comme le montre le schéma précédent), mais plutôt d’interposer entre les secteurs institutionnels émetteurs et les secteurs institutionnels récepteurs, des comptes d’opérations dénommés comptes écrans.
Les relations directes entre secteurs institutionnels se trouvent ainsi rompues et scindées en deux.
Dans le deuxième schéma, on constate que le nombre de flux à enregistrer est de 10 (au lieu de 25 dans le premier schéma).
L’application de la méthode des comptes écrans a, donc, considérablement rétréci le champ des flux. Il est passé de (S2 x O) - (52 x 1 = 25) à (2 x S x O) 4 (2 x 5 x 1 = 10). Ce rétrécissement du champ des flux s’est accompagné d’une perte d’informations.
En effet, le principe des comptes écrans rejette les relations directes entre Secteurs Institutionnels, c’est à dire qu’il ne permet pas de répondre à la question “de qui à qui “reflétant le comportement réel des ces secteurs. Il considère uniquement les informations marginales du tableau et néglige les informations centrales (cases intérieures).
Or, les informations à la marge du tableau indiquent les valeurs globales des emplois et des ressources de chaque Secteur Institutionnel.
Cependant, les relations directes entre les branches d’activités composant le TES constituent une exception au principe des comptes écrans. Une application de ce principe est réalisée au niveau du TOF et du TEE.