La Comptabilité Nationale est une technique macro économique, autrement dit, elle ne peut s’intéresser aux comportements individuels des agents économiques qui accomplissent des milliers d’opérations annuelles.
Ainsi, dans l’objectif de concilier la volonté de représenter des phénomènes économiques réels et la nécessité de simplifier leur présentation, la Comptabilité Nationale a procédé par le regroupement des unités économiques élémentaires (u.é.é) dans des grandes catégories appelées Secteurs Institutionnels.
Les secteurs institutionnels et les branches d’activités
Définition
un secteur institutionnel est défini comme un ensemble d’unités institutionnelles qui ont un comportement économique analogue. Ce comportement est déterminé essentiellement par deux critères:
- La fonction économique principale (production, consommation, financement, assurance … etc.).
- L’origine et la nature des ressources (ventes, travail, impôts… etc.).
Par ailleurs, il est utile de préciser qu’une unité institutionnelle est une unité économique élémentaire qui dispose:
- d’une comptabilité propre et complète.
- d’une autonomie dans l’exercice de ses fonctions.
les différents secteurs institutionnels.
La Comptabilité Nationale Marocaine distingue entre cinq secteurs institutionnels et le reste du monde:
- Les sociétés et quasi sociétés non financières
- Les institutions financières
- Les administrations publiques
- Les ménages
- Les IPSBL au service des ménages
- Le reste du monde
Il convient de noter que le regroupement des unités économiques élémentaires en Secteurs Institutionnels répond au besoin de saisir les flux économiques relatifs à la répartition des revenus, à l’accumulation et au financement du capital.
Par contre le découpage de l’économie nationale en termes de branches d’activité satisfait le besoin d’analyser les relations technico économiques au sein du processus de production.
Une branche d’activité se définie par un ensemble d’entreprises ou éléments d’entreprises produisant le même bien. Tandis qu’un secteur regroupe les entreprises qui produisent le même bien principal.
De ce fait, une entreprise fabriquant des différents biens peut figurer dans différentes branches (autant de branches qu’il a de produits). Mais elle ne peut appartenir qu’à un seul secteur, qui est celui de sa fabrication principale.
Les catégories d’opérations
Les unités institutionnelles, regroupées précédemment en secteurs institutionnels, effectuent chaque année d’innombrables actes économiques se rattachant aux fonctions de produire, de consommer, d’investir, de répartir, de financer, d’assurer … etc.
La Comptabilité Nationale qui s’assigne la tâche de décrire l’activité économique du pays se trouve incapable de saisir cette myriade d’opérations et procède, par conséquent, à leur regroupement selon trois grandes catégories
les opérations sur biens et services:
Ce sont des opérations qui correspondent aux fonctions de production, de consommation et d’investissement. Elles indiquent l’origine (ressources) de ces produits ainsi que leur destination (emplois).
les opérations de répartition
Dans cette catégorie, on peut distinguer entre la répartition primaire et la redistribution.
Dans la répartition primaire, la valeur ajoutée dégagée par le processus de production se répartie entre les facteurs qui ont participé directement à cette production, notamment le travail et le capital, sous forme de salaire et d’excédent brut d’exploitation.
Dans la redistribution, l’Etat fait une nouvelle répartition des revenues primaires entre les divers secteurs institutionnels (impôts et taxes, subventions, transferts, prestations sociales … etc.)
les opérations financières.
Il s’agit d’une sorte d’opérations qui traduit les variations nettes des créances et des engagements (dettes) des agents économiques en monnaies et en autres avoirs. Il importe de distinguer entre les opérations financières pures et les opérations financières qui sont la contre partie des opérations réelles.