Entre temps est apparu un fait capital pour l’avenir de la Comptabilité.

Il se manifeste dès le début du XIVe siècle.

Déterminer le Résultat dans une comptabilité à partie simple, comprenant quatre ou cinq cents comptes de clients et deux cents comptes de fournisseurs, est un travail de longue haleine: six ou sept cents comptes à additionner au débit; puis au crédit; autant de soustractions pour tirer les soldes; addition de six ou sept cents soldes en deux additions (Débit et Crédit); avant d’arriver à la soustraction finale:

Actifs   Passifs ± Résultats

L’idée devait naître de chercher un moyen de connaître plus facilement, et à toute époque, le Résultat des opérations faites.

Ce Résultat, il provient du fait que certaines opérations sont sans contrepartie algébrique.

Si l’on paye un Fournisseur, on enregistre un Débit au compte Fournisseurs et un Crédit au compte Caisse, pour des sommes égales. Cette opération est sans influence sur le Résultat. C’est une opération compensée.

Si au contraire on paye le loyer, ou des frais quelconques, le Crédit inscrit au compte Caisse est sans contrepartie. C’est une opération non compensée.

Des opérations de la seconde sorte naît le Résultat.

Pour connaître celui ci à tout instant, il suffit donc d’enregistrer quelque part toutes ces contreparties qui font défaut en comptabilité.

Elles seront notées en valeur, en séparant les Débits (Contreparties fictives de Crédits réels) et les Crédits (Contreparties fictives de Débits réels).

Un compte artificiel est créé pour enregistrer ces mouvements. Il s’appelle alors « Pro e danno » (Profits et Pertes).

Dès lors, à tout instant, en comptabilité, on a l’égalité :

Actifs   Passifs = ± Pro e Dannoet le solde de Pro e Danno donne, à tout instant, le Résultat, à ce stade, de l’enregistrement des opérations.

En désignant par DA les Débits inscrits aux comptes d’actif, CA, leurs Crédits, et de même pour les autres comptes, cette formule peut s’écrire:

DA-CA + DP-CP = CZ-DZ

ou encore:

DA +DP+DZ=CA+CP+CZ

La somme des débits est toujours égale à la somme des crédits, quelle que soit la nature des opérations inscrites en comptabilité, puisque Pro et Danno est là pour fournir, s’il y a lieu, la contrepartie algébrique nécessaire.

L’égalité dans chaque écriture, accidentelle jusque là, devient systématique.