Les comptes de tiers; apparition des mots Débit et Crédit.

March 15, 2008 – 12:09 pm

La Partie double est dérivée des comptabilités par Débit et Crédit que tenaient de grands négociants et des banquiers, généralement formés en Compagnies, en Italie, au XIIe et XIIIe siècles.

Ces Compagnies étaient à la fois armateurs, négociants, banquiers. Leur comptabilité ne comportait que des « Comptes de Tiers ».

Prenons par exemple le cas d’un banquier.

A chacun de ses « correspondants » il ouvre un compte.

A Primus, il avance des fonds. Et il inscrit en tête de son compte « Débit ».

Secundus lui confie un dépôt ou lui prête des fonds. Le banquier lui ouvre un compte et écrit en tête de ce compte : « Crédit ».

Considérons le cas de Primus. Il lui a été prêté 1000. Puis, successivement, il rembourse 250 ; il redemande 100 ; puis 50 ; reverse 200 ; etc. Son compte a cet aspect:

Débit

PRIMUS

1000
-250
+ 100
+ 50
200
+ 80
-120

Faire la situation actuelle de ce compte exige une série de soustractions et d’additions.

D’où l’idée d’ouvrir à Primus deux comptes, un compte « Débit », pour tout ce que le banquier lui prête, et, d’autre part, un compte « Crédit » pour tout ce qu’il verse au banquier, assimilé à des dépôts:

Le calcul est bien plus facile. Et lorsque les deux comptes sont égaux, il suffit de les détruire tous les deux: il y a compensation entre eux.

Ce n’est là qu’une application de l’usage mathématique qui consiste, pour faire une somme algébrique, à totaliser d’une part tous les termes positifs, d’autre part tous les termes négatifs, et faire ensuite la différence des deux totaux:

A-B+C+D-E+F-G+H= (A+D+F+H) (B+C+E+G)

Mais bientôt les deux comptes de Primus sont inscrits côte à côte sur une même feuille de papier, compte unique qui présente d’une part la valeur initiale et ses accroissements, d’autre part ses diminutions.

Dès lors, sur le compte primitivement « Débit » de Primus, l’élément « Crédit » apparaît comme le négatif (au sens algébrique).

Désormais, dans les « Comptes Débit », le Crédit est le négatif du Débit. Et réciproquement, dans les « Comptes Crédit », le Débit est le négatif du Crédit.

Dans cette division verticale du compte en deux parties, certains ont cru voir à diverses époques le signe même de la partie double.

Cette séparation, et la totalisation distincte d’une part de la valeur d’origine et de ses accroissements et d’autre part de ses diminutions, n’est qu’une commodité matérielle, un artifice de calcul. Les totaux qui en résultent ne sont qu’un accident.

Les machines comptables « positionneuses » ne totalisent pas séparément les deux parties du compte: elles présentent au contraire le solde du compte après chaque opération. On ne peut dire pour cela qu’elles font de la « partie simple ».

Cette première définition doit donc être écartée.

Nous rencontrerons encore plusieurs autres définitions de la Partie double au cours de cet exposé.

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