La procédure de la comptabilité analytique à comptes réfléchis

February 27, 2008 – 11:43 am

Cette procédure conduit à l’organisation d’une comptabilité autonome, distincte de la comptabilité générale, tenue elle aussi à partie double, naturellement raccordée à la comptabilité générale.

La technique d’enregistrement.

Elle est fondée sur l’utilisation en comptabilité analytique de comptes réfléchis (1).

Au lieu de créditer les comptes de charges de la comptabilité générale, comme dans la première modalité de la comptabilité analytique intégrée, on crédite des comptes parallèles dits réfléchis. Ainsi pour saisir les achats, en comptabilité analytique, on crédite le compte «Achats réfléchis ».

Au lieu de débiter les comptes de produits de la comptabilité générale, on débite un compte parallèle qui est le compte « Produits d’exploitation réfléchis ».

Par cette technique, la comptabilité analytique d’exploitation reprend les charges et les produits, sans altérer les comptes de la comptabilité générale, laquelle reste intacte.

Les comptes réfléchis reçoivent ainsi la contrepartie des écritures de prise en charge par la comptabilité analytique de celles des données de la comptabilité générale qu’elle prend en considération.

Ce sont de véritables miroirs des comptes de stocks, de charges et de produits de la comptabilité générale. De là, leur nom.

COMMENTAIRE

Il est inutile d’ouvrir autant de comptes réfléchis qu’il existe de comptes dans les classes 6 et 7 du P.C.G. On se contente dans la pratique d’avoir un compte par type général de charges, de produits ou de résultats.

« On obtient ainsi une comptabilité par coûts, parallèle à la comptabilité générale, liée à elle arithmétiquement, qui en est la conséquence directe et lui demeure subordonnée, sans jamais pouvoir interférer avec elle, ni l’altérer en quoi que ce soit ».

La comptabilité analytique d’exploitation est alors une comptabilité autonome de la comptabilité générale.

Les deux comptabilités traitent les mêmes éléments, les mêmes unités, mais elles les répartissent et les « comptent » de manières différentes pour répondre à des objectifs intermédiaires propres à chacune d’elles. La comptabilité générale est une comptabilité de pur enregistrement, les regroupements ne s’effectuant de compte à compte qu’à la fin de l’année comptable. La comptabilité analytique d’exploitation est constamment une comptabilité de répartitions et de regroupements.

La séparation des deux comptabilités est ainsi la conséquence de leurs différences d’objectifs et de nature. Elle n’empêche pas les comptables d’assurer leur concordance, par le rapprochement du résultat d’exercice déterminé de manière différente dans chacune d’elles et qui doit être finalement le même. On obtient ainsi un nouveau type de contrôle.

Les avantages de l’autonomie de la comptabilité analytique d’exploitation.

Il est possible d’introduire facilement la comptabilité analytique d’exploitation dans les entreprises qui en sont dépourvues, sans courir le risque au cours de la période d’adaptation qui s’avère souvent longue et délicate de troubler le fonctionnement de la comptabilité générale (P.C.G.).

La comptabilité générale peut être tenue sans se soucier du calcul des coûts.

Les retards dans la tenue de la comptabilité analytique d’exploitation encore qu’ils ne soient pas souhaitables, bien au contraire n’ont aucune influence sur la tenue de la comptabilité générale, des balances mensuelles, des bilans. Il en serait autrement dans le cas de comptabilité unique.

L’autonomie permet à la comptabilité analytique d’être tenue en un lieu différent de la comptabilité générale, lorsque la dispersion des établissements l’exige (usine éloignée du siège social).

La comptabilité analytique d’exploitation, qui utilise la partie double, peut être

  • confiée à des spécialistes des coûts de revient;
  • organisée en fonction de ses seuls besoins et avec toute la souplesse désirable; en particulier, elle peut être aisément adaptée à la situation et à l’importance de chaque entreprise;
  • tenue avec toute la discrétion désirable.

L’autonomie de la comptabilité analytique d’exploitation rend enfin possible un contrôle arithmétique des deux comptabilités.

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