La présentation de l’information

March 12, 2008 – 12:00 pm

En règle générale, les segmentations par activité et par zone géographique sont présentées sous forme de tableaux séparés. Dans quelques rares cas, seuls les pourcentages des montants consolidés sont indiqués. La pertinence et la comparabilité des états financiers exigent que, comme pour l’information agrégée, les montants correspondants de l’exercice précédent soient indiqués.

La présentation sous forme de matrice réunissant les deux segmentations est considérée comme très utile car elle montre dans quelles zones géographiques s’effectue chaque activité du groupe. Ce type de présentation permet de mieux prévoir les développements futurs des différents secteurs et du groupe dans son ensemble. Ceci est dû au fait que l’environnement socio économique caractéristique d’une zone géographique est susceptible d’avoir un effet différent sur les divers secteurs d’activité. Aucune norme n’impose cette présentation qui demeure peu utilisée dans la pratique. Ceci peut s’expliquer d’une part par le fit que cette présentation pose de nouveaux problèmes de ventilation et d’évaluation et, d’autre part, par la complexité accrue de l’information sectorielle qui devient plus difficile à comprendre.

L’arbitrage entre fiabilité et pertinence

L’exigence de pertinence de l’information financière impose que la présentation et le nombre de secteurs soient déterminés par les caractéristiques de l’entreprise. Seul le choix des axes de segmentation (par activité et par zone géographique), de l’approche de segmentation (« désagrégation ») et des postes à ventiler doit être réglementé. Les autres aspects de l’information sectorielle doivent être spécifiques à l’entreprise considérée si l’on veut que cette information soit véritablement utile. C’est peut être pour cette raison que les normes nationales et internationales ne proposent que des recommandations non dépourvues d’ambiguïté sur l’identification concrète des secteurs, leur nombre et la ventilation des éléments communs. Il appartient donc aux dirigeants de déterminer quelles bases de segmentation choisir, quels secteurs doivent être considérés comme suffisamment signification pour être isolés et comment traiter les éléments communs. L’information sectorielle offre donc de vastes possibilités de choix de méthodes. Elle dépend en grande partie des objectifs de celui qui l’établit. D’une façon générale, il faut considérer que l’entreprise distingue les secteurs qu’elle veut.

Ceci remet clairement en cause l’objectif de l’information sectorielle, qui est de fournir une information utile à la prise de décisions. La subjectivité de la segmentation réduit considérablement les possibilités de comparaison entre sociétés, dans la mesure où même la définition des secteurs varie d’une entreprise à l’autre. On peut en revanche suivre l’évolution des secteurs dans le temps. Les comparaisons inter temporelles sont donc beaucoup plus fiables que les comparaisons inter entreprises, à moins bien sûr que les bases de segmentation des deux entreprises soient semblables et que l’utilisateur des états financiers en soit informé.

L’information sectorielle est donc l’illustration d’un phénomène que l’on retrouve dans plusieurs problèmes comptables: un arbitrage doit être fait entre, d’une part, les exigences de pertinence et de fiabilité et, d’autre part, celle de comparabilité. L’obligation de respecter des définitions et des règles d’évaluation précises favorise l’objectivité et la comparabilité mais elle compromet l’obtention d’une image réaliste de la situation particulière d’une entreprise. Le seul moyen d’atténuer les effets de cette contradiction serait de présenter des informations et des explications supplémentaires. Il est donc essentiel de décrire la logique qui a présidé à la segmentation, ainsi que de définir explicitement chacun des secteurs constitués. Les changements de méthodes ou de présentation des secteurs doivent également être indiqués, ainsi que leurs effets sur l’information publiée. Ces informations complémentaires, qui améliorent considérablement la fiabilité et la comparabilité des données publiées, sont indispensables à une bonne appréciation de celles ci par les utilisateurs des états financiers.

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