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D’une façon générale, la recherche est publiée dans des revues académiques, qui sont maintenant très nombreuses en comptabilité. Certaines se sont spécialisées dans la comptabilité internationale, comme par exemple l’International Journal of Accounting, le Journal of International Accounting, Auditing and Taxation ou Advances in International Accounting (publié une fois par an). Beaucoup d’autres revues publient parfois des travaux relevant de la comptabilité internationale (voir par exemple Prather et Rueschhofl 1996). Ces recherches sont le plus souvent publiées en anglais en raison de l’universalité de cette langue. Comme exemple de journal accueillant des articles en comptabilité internationale, citons l’European Accounting Review, qui se distingue par la diversité des nationalités de ses auteurs. Il existe aussi d’autres supports, comme par exemple Accounting, Organizations and Society, ainsi que certaines revues comme Comptabilité, Contrôle, Audit en France, qui accueillent occasionnellement des articles de comptabilité internationale.Nous distinguerons six catégories de travaux:
jusqu’à une époque récente, les descriptions des différents systèmes comptables nationaux étaient peu nombreuses. La situation a évolué depuis le milieu des années 1980 avec l’apparition de collections clés comme la série European Financial Reporting (Routiedge) qui comprend un volume sur chaque pays de l’Union européenne, ou de livres comme The European Accounting Guide (édité par Alexander et Archer, 1995) dont les chapitres traitent de la plupart des pays européens, et Transnational Accounting (édité par Ordetheide et KPMG, 1995) qui traite d’un grand nombre de pays de manière plus détaillée. Force est toutefois de reconnaître que la littérature non anglophone reste assez rare. Nous espérons donc que cet ouvrage contribuera à combler cette lacune.
La plupart des manuels de comptabilité destinés aux étudiants d’un pays donné ont tendance à procéder à une analyse détaillée des règles nationales sans s’interroger véritablement sur celles ci. L’évaluation des systèmes comptables nationaux a donc été laissée aux chercheurs en comptabilité internationale. Ces recherches, bien qu’utiles, doivent être considérées avec prudence. Deux écueils guettent en effet toute personne qui étudie la comptabilité d’un autre pays:
Un parfait exemple du type d’erreur à ne pas commettre a été fourni par un chercheur nord américain lors d’une conférence en Europe. Celui ci essayait de démontrer que l’investissement intérieur en Allemagne avait augmenté suite à l’harmonisation de la comptabilité provoquée par l’entrée en application de la 4e directive. Ses résultats montraient effectivement une telle augmentation. Malheureusement, il avait choisi comme date de référence la date d’approbation de la directive par le Conseil des ministres européens (1978), ignorant totalement que les directives devaient, pour être opérationnelles, être introduites dans la législation du pays, ce qui, en Allemagne, n’avait eu lieu qu’en 1985. Aucune harmonisation de la comptabilité ne s’était donc produite au cours de sa période d’étude.
Une personne qui décrit son propre pays risque aussi de reproduire des idées reçues sans se poser de questions. Il peut également être incapable de se détacher suffisamment de sa propre culture pour l’expliquer à quelqu’un d’autre. Les équipes constituées de chercheurs de nationalités différentes, comme Scheid et Walton (1992) dans le cas de la France, sont donc souvent plus efficaces, de même que les chercheurs ayant l’expérience de plus d’une culture [par exemple l'article de Hailer (1992) sur la relation entre fiscalité et comptabilité en Allemagne]. D’une façon générale, pour les études pays, on devrait éviter de s’en tenir à un seul auteur. Lorsque c’est possible, il est préférable de consulter plusieurs études pour s’assurer de la validité des informations fournies sur un système comptable étranger.
Les études comparatives peuvent également se révéler trompeuses en raison de la difficulté à maîtriser les différences culturelles entre pays. Ici aussi, les équipes internationales sont donc préférables. La comparaison du mode d’amortissement des immobilisations corporelles en France et au Royaume Uni fournit un excellent exemple des difficultés rencontrées. Dans les deux pays, en effet, les règles stipulent que l’amortissement d’un actif doit être fondé sur la durée d’utilisation du bien, après prise en compte d’une éventuelle valeur résiduelle et calculé par la méthode dégressive ou linéaire. Les règles semblent donc les mêmes mais une recherche minutieuse montre que:
Quelques études de cas mettent en lumière de manière fort intéressante les différences internationales en matière d’évaluation, même s’il est difficile de généraliser les résultats ainsi obtenus. Simmonds et Azières (1989) ont demandé aux correspondants du cabinet Touche Ross dans sept pays de préparer une série d’états financiers de trois manières
On ne saurait en conclure que des écarts semblables se retrouvent entre entreprises de pays différents car les valeurs obtenues dépendent des opérations réalisées et celles prises en compte dans cette étude ont précisément été choisies pour aboutir à des écarts importants. Cette recherche montre toutefois que:
Ce dernier point est mis en évidence par une étude de cas de Walton (1992). L’auteur a demandé à deux groupes de comptables français et britanniques d’établir les états financiers découlant d’un même ensemble d’opérations. Les résultats montrent que l’uniformité n’est pas plus grande au sein de chaque pays qu’entre les pays eux mêmes.
Les sociétés étrangères cotées aux États Unis doivent préparer un état de rapprochement de leur résultat et de leurs capitaux propres avec les montants correspondants qui auraient été obtenus selon les US GAAP. Cette information est publique (et même disponible aujourd’hui sur Internet), ce qui permet de comparer les règles d’évaluation en usage dans les pays. Une recherche de ce type a été réalisée par Weetman et Gray (1991).
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