Sorties - Gestion de stock

February 19, 2008 – 5:52 pm

C’est surtout à propos des sorties qu’interviennent les difficultés.

En principe, tout élément stocké sort des magasins au prix auquel il était entré.

L’application d’une telle règle est facile, en particulier dans le commerce, lorsqu’il s’agit d’objets parfaitement individualisés : tableaux, automobiles, bicyclettes.

Mais dans l’industrie, les éléments de stocks sont souvent fongibles, c’est à dire unitairement interchangeables t, par ailleurs, leurs coûts d’achat unitaires varient avec la quantité achetée et la date de l’achat. Il est dès lors souvent difficile de connaître le coût d’achat exact des lots livrés à la fabrication. Aussi évalue t on les sorties à des coûts théoriques, approximatifs, aussi voisins que possible de la réalité.

Plusieurs procédés peuvent être employés, les sorties pouvant être évaluées

  • en tenant compte de la notion de lot;
  • au coût d’achat moyen pondéré des entrées;
  • à un coût approché, voisin du coût d’achat moyen pondéré, mais différent;
  • à un coût préétabli.

Sorties évaluées d’après la notion de lot

Un lot est constitué par des éléments stockés ayant le même coût d’achat (magasin de matières ou fournitures) ou le même coût de production (magasin de produits finis).

Procédé du premier entré, premier sorti (first in/first out ou FIFO).

On fait sortir, dans le calcul, les lots les plus anciens, dans l’ordre d’ancienneté ce qui est naturel et on comptabilise les sorties aux coûts d’achat de ces lots.

Exemple.

Était stocké au début de mai, un lot (n° 65) de 5 000 kg à 32 F le kg.

Est entré le 12 mai, un lot (n° 66) de 6 000 kg à 31,90 F le kg.

Sorties: le 3 mai, 2 500 kg; le 18 mai, 3 000 kg.

La sortie du 3 mai est évaluée au prix de 32 F le kg, soit à : 32 F x 2 500

Il reste du lot n° 65, 5 000 kg 2 500 kg = 2 500 kg valant : 32 F x 2 500 = 80000F.

La sortie du 18 mai (3 000 kg) comprend: Le reste du lot n° 65, soit 2 500 kg valant 80000 F 3000kg 2 500 kg = 500 kg du lot n° 66 valant : 31,90 x 500 15950F Elle est évaluée 95950F

Le stock de fin mai est formé de 6 000 kg 500 kg = 5 500 kg qui valent: 31,90 F x 5 500 = 175 450 F

Procédé du dernier entré, premier sorti (Last in/First out ou LIFO).

On fait sortir, dans le calcul, les lots les plus récemment achetés (dans l’ordre inverse de l’ancienneté) et on comptabilise les sorties aux coûts d’achat de ces lots.

Quand les évaluations de ces sorties sont faites en fin de période, on peut opérer de la manière suivante.

Reprenons l’exemple précédent. La sortie du 3 mai (2 500 kg) et celle du 18 mai sont alors prises sur le lot n° 66 et évaluées respectivement :

31,90F x 2 500 = 79750F
31,90F x 3 000 = 95700F
5500 =175450F

Le stock en fin de mois comprend:

- le reste du lot n° 66, soit 6 000 kg 5 500 kg = 500 kg, évalué: 31,90F x 500= 15950F
- Le lot N 65, de 5 000kg, évalue : 32F x 5000= 160000F
=175950F

- Quand les évaluations des sorties sont faites après chacune des sorties, le problème change.

Le 3 mai, sortent 2 500 kg du lot n° 65 (le seul existant) pour 32 F X 2 500 = 80000F.

Le 18 mai, sortent 3 000 kg du lot n° 66 pour 31,90 F x 3 000 = 95 700 F.

En fin de mois, il reste

2500kg du lot n° 65 valant 32 F X 2 500 = 80000F
3000kgdulotn° 66valant 3l,90F < 3 000 = 95700F
=175700F

Comparaisons

En période de hausse des prix (phénomène courant de nos jours):

- le procédé du « premier entré, premier sorti » conduit à une évaluation plus faible des sorties, donc:

  • à une minoration du coût de revient,
  • à une majoration de la valeur du stock restant, conduisant l’une et l’autre à une majoration du résultat.

- le procédé « dernier entré, premier sorti » conduit à une évaluation plus élevée des sorties, donc :

  • à une majoration du coût de revient,
  • à une minoration de la valeur du stock restant, conduisant l’une et l’autre à une minoration du résultat.

En période de baisse des prix, l’inverse se produit.

L’emploi de ces deux procédés est donc trompeur. Ceux ci ne sont pas neutres comme les procédés que nous étudierons ensuite (1). Ils s’appliquent mieux aux biens non fongibles qu’aux biens fongibles.

Comme, par ailleurs, le P.C.G. laisse aux entreprises le choix, pour évaluer leurs stocks en comptabilité générale, entre le procédé du coût moyen pondéré et le procédé du premier entré premier sorti, lorsqu’est choisi le procédé du coût moyen pondéré en comptabilité générale, l’application en comptabilité analytique du procédé du premier entré, premier sorti détermine des montants de stocks qui ne correspondent pas à la réglementation suivie en comptabilité générale.

Pour que l’entreprise puisse alors utiliser les données de la comptabilité analytique à la détermination de la valeur des stocks en comptabilité générale, il y a lieu d’adopter des solutions qui, sans exiger une double comptabilisation, permettent de fournir les indications nécessaires en fin de période avec la garantie d’une exactitude suffisamment approchée.

De ces remarques, il résulte que l’emploi du procédé du coût moyen pondéré est, le plus souvent, à retenir.

Sorties évaluées au coût moyen pondéré des entrées.

Rappelons que si l’on désigne par m1, m2, m des quantités d’une matière dont les coûts unitaires correspondants sont pi, p2, P3, le coût moyen pondéré de l’unité est :

pm = p1m1 + p2m2 + p3m3 / m + m2 + m3

Détermination du coût unitaire moyen de sortie après chaque entrée.

Après chaque entrée, on calcule le coût moyen pondéré de l’unité sur cumul de l’entrée et du stock existant immédiatement avant l’entrée.

Coût moyen pondéré de l’unité =( coût global du stock avant l’entrée considérée + Coût d’achat global de l’entrée)/ ( Nombre d’unités en stock avant l’entrée considérée + Nombre d’unités entrées)

Détermination du coût unitaire moyen d’après le total des seules entrées de la période considérée.

On ne calcule qu’un coût moyen de sortie pour la période :

Coût moyen pondéré de l’unité = Coût globaux des achats de la période / Nombre total d’unités entrées

Exemple. Même thème. Période considérée: le mois de janvier.

Calcul du coût moyen par unité des entrées, donc du coût moyen des sorties

Entrées de janvier:

15 janvier : 150 kg valant 3 750 F
25 janvier : 200 kg valant 4 960 F 350 kg 8710F

Coût moyen du kg pour janvier: 8 710 F: 350 = 24,885 F par défaut.

Toutes les sorties de la période sont évaluées à ce coût:

3 janvier : 24,885 F x 40 = 995,40 F
12 janvier : 24,885 F x 60 1493,10 F
17 janvier : 24,885 F x 50 1244,25 F
22 janvier : 24,885 F x 80 = 1990,80 F
25 janvier : 24,885 F x 70 1741,95 F
31 janvier : 24,885 F x 100 = 2488,50 F
Totaux : 24,885 F x 400 = 9 954 F

Détermination du coût unitaire moyen de sortie d’après le total du stock au début de la période et des entrées de la période (cumul des entrées de la période sur stock initial).

On ne calcule encore qu’un coût moyen de sortie pour la période.

Coût moyen pondéré de l’unité = (Coût global d’achat du stock initial + Coûts globaux des achats de la période) / (Nombre des unités stockées + Nombre des unités entrées)

Ce procédé est celui que conseille d’utiliser le Plan comptable général.

Exemple. Même thème. Période considérée: le mois de janvier.

Calcul du coût moyen par unité, du stock initial et des entrées:

stock au1er janvier: 200 kg valant 4 800 F
entrée du 15 janvier: 150 kg valant 3 750 F
entrée du 28 janvier: 200 kg valant 4 960 F
550 Kg valent 13 510 F

Coût moyen du kg pour janvier : 13 510 F : 550 = 24,5436 F.

Valeurs des sorties:

3 janvier : 24,5636 F x 40 = 982,54 F
12 janvier : 24,5636 F x 60 = 1473,82 F
17 janvier : 24,5636 F x 50 = 1228,18 F
22 janvier : 24,5636 F x 80 = 1965,09 F
31 janvier : 24,3656 F x 100 = 2456,36 F

Totaux: 24,5636 F X400 = 9825,44 F

Valeur du stock en fin de mois :

Stock au début du mois : 200Kg 4800F
Entrées du mois : 350Kg 8710 F
550kg 13510 F

Sortie du mois i: 400Kg 9825,44 F
Stock en fin de mois : 150kg 3684,56 F

Coût moyen du stock en fin de mois : 3684,56F : 150 = 24,5637 F ( en raison des approximations).

Les approximations dans les calculs.

Les quotients de divisions étant rarement exacts, on utilise des quotients approchés dont la précision nécessaire varie avec l’ordre de grandeur des coûts et le choix de l’unité de mesure.

Dans la pratique, on modifie la valeur d’une ou plusieurs sorties de manière à obtenir pour le stock en fin de période une valeur correspondant exactement au coût moyen pondéré adopté.

Sorties évaluées à des coûts approchés.

Les coûts approchés sont des coûts voisins des coûts réels, employés uniquement pour des raisons de commodité (1) (factures de fournisseurs en retard, calcul des coûts non terminé, etc.). Leur utilisation facilite les calculs et permet, en particulier, de chiffrer les sorties au fur et à mesure qu’elles se produisent (2). En fin de période, on rectifie les erreurs d’approximation commises afin de rétablir l’évaluation en coûts réels. Les différences qui en résultent sont ajoutées ou retranchées en bloc, comme il est expliqué dans l’exemple suivant:

Exemple. Stock d’un produit P, le 31 mai au soir, 300 kg valant 1 026 F (soit 4,02 Fie kg).

Entrées : le 12 juin de 500 kg pour 2 042 F.
Sorties : le 6 juin, 100 kg; le 21 juin, 150 kg.

  • Évaluons les sorties au prix approché de 4 F le kg. Sortie du 6 juin: 4 F x 100 = 400 F Sortie du 21juin : 4 F x 150 = 600 F 250 kg 1000 F
  • En fin de mois, le procédé du coût moyen pondéré des entrées avec cumul sur dernier stock donne:

Stock initial : 300 kg 1206 F

Entrée: 500 kg 2 042 F

800 kg 3 248 F Coût unitaire moyen : 3 248 F: 800 = 4,06 F. A ce coût moyen pondéré, les sorties valent

4,06 F x (100 + 150) 1 015 F.

  • Il y a donc lieu de majorer les sorties de: 1 015 F 1 000 F = 15 F.
  • Le stock final vaut (comme dans le procédé du coût d’achat moyen pondéré): 3 248 F- 1015 F = 2 233 F.

Entrées et sorties évaluées à des coûts préétablis

Un coût préétabli est un coût calculé a priori pour chiffrer des mouvements de valeurs et considéré comme constant pendant une période plus ou moins longue (1).

Les coûts préétablis feront ultérieurement l’objet d’une étude précise. Nous nous bornerons ici à expliquer le mécanisme de l’inventaire permanent, lorsqu’on les utilise.

Comparons ce procédé au précédent : nous constatons que le stock initial et tous les mouvements y compris les entrées sont évalués au coût préétabli, alors que dans la tenue du compte aux coûts approchés, seules les sorties sont évaluées et encore pendant seulement la durée de la période à ce dernier type de coût.

L’emploi des coûts préétablis ne dispense pas pour autant du calcul des coûts considérés comme réels : il est, en effet, intéressant pour la gestion de noter les écarts. Mais leur utilisation simplifie considérablement les calculs relatifs aux stocks et permet un contrôle facile. Les coûts de revient des produits fabriqués sont indépendants de l’évolution des coûts des matières premières et de l’érosion monétaire. En revanche, la comptabilité à partie double est rendue plus complexe.

Une disposition importante du P.C.G.

Tout changement éventuel de méthode doit être expressément signalé à tous les services intéressés de l’entreprise.

REMARQUE

Sorties évaluées au prix de remplacement.

Les industriels ont évidemment intérêt à considérer dans leurs calculs de coûts et de coût de revient, des coûts d’achat de matières qui soient aussi proches que possible des prix actuels du marché, c’est à dire du prix de renouvellement (prix de la dernière facture ou prix de la prochaine facture). Des calculs ainsi conçus sont généralement faits hors comptabilité.

Dans la pratique, ils ne doivent en effet, pas avoir de répercussion dans la comptabilité générale. Les évaluations des sorties à des coûts tels que les coûts de remplacement ou les coûts dérivés de la notion de lot sont simplement prises en compte pour des analyses de gestion, d’ailleurs nécessaires dans nombre de cas.

LA DESTINATION DES MATIÈRES, FOURNITURES ET PRODUITS SORTIS

Les matières premières sortent des magasins pour être utilisées dans les ateliers de fabrication. Leurs coûts de sortie constituent donc des éléments essentiels, souvent très importants, des coûts de production.

Les matières et fournitures consommables sortent des magasins pour être utilisées dans les ateliers de fabrication (coûts de production) ou transférées dans les centres d’analyse avant que les coûts de ces centres soient eux mêmes transférés dans les coûts (coûts de production, coûts de revient).

Les produits finis sortent des magasins généralement pour la vente et leurs valeurs de sortie sont intégrées dans les coûts de revient.

REMARQUE

Exceptionnellement, des sorties de matières peuvent s’expliquer par des retours aux fournisseurs, retours évalués aux coûts d’achat correspondants et non aux coûts de sorties.

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