La conversion des opérations en monnaies étrangères

March 12, 2008 – 10:59 am

Cette section traite de la conversion des transactions en monnaies étrangères à l’aide de taux au comptant. Elle fournit des outils qui servent également à la conversion des états financiers.

Les opérations en devises étrangères sont tout d’abord comptabilisées au taux au comptant du jour de la transaction. La question qui se pose est de savoir comment traiter les conséquences de ces transactions au moment de l’établissement des états financiers ultérieurs. Une récente étude de Ebbers et McLeay (1996) révèle que les pratiques nationales varient considérablement. Les deux questions essentielles sont:

  1. Les actifs et dettes en monnaies étrangères doivent ils être convertis au taux historique ou au taux de clôture?
  2. Les différences de conversion en résultant doivent elles être immédiatement enregistrées en produits et charges ou bien la comptabilisation de certaines d’entre elles doit elle être différée?

Il existe deux approches. Selon celle de la « transaction unique », tous les postes en devises étrangères sont convertis au taux de clôture. Selon l’approche de la « double transaction » appliquée par l’IAS 21 et de nombreuses réglementations nationales, le taux de conversion dépend de la base d’évaluation utilisée dans les comptes de la filiale. LUS 21 exige que les éléments non monétaires soient convertis au taux historique, les éléments monétaires au taux de clôture et les éléments réévalués au taux du jour de la réévaluation. Elle exige également que les différences de conversion soient immédiatement enregistrées en charges ou en produits. Le montant net de ces différences doit également être indiqué. Pour illustrer cette approche, considérons l’exemple suivant:

Exemple 1 : Le 31 décembre 1995, l’entreprise Clinton, qui tient sa comptabilité en dollars, a acheté pour 150 « louis » (monnaie étrangère quelconque) de marchandises.
Approche de la « transaction unique »: le stock et la dette sont initialement comptabilisés pour 50 $, montant résultant de l’application du taux historique. Leur valeur est ensuite portée à 75 $, montant du règlement, la différence de change (25 $) étant incluse dans la valeur comptable de l’actif et de la dette. Tous les postes se trouvent ainsi exposés au risque de change. Certains estiment que cette approche n’est pas compatible avec une comptabilité au coût historique dans la mesure où l’évaluation des actifs non monétaires est influencée par des événements postérieurs à la date d’acquisition.

Approche de la « double transaction »: selon l’IAS 21, les éléments non monétaires (ici les marchandises) restent évalués au taux historique; alors que les éléments monétaires (la dette) sont convertis au taux de clôture. Seule la dette est donc exposée au risque de change.

Il en résulte une perte de 25 $ [150 x (0,5 0,3333)]. Selon l’IAS 21, toutes les différences de change, favorables ou défavorables, réalisées ou non, sont comptabilisées dans le compte de résultat.

Les éléments monétaires à long terme

Plusieurs pays ne traitent pas de la même façon les différences de change sur éléments monétaires à long terme et à court terme. Certains, comme le Canada, la France et les Pays Bas, autorisent que la comptabilisation de certaines pertes et de certains gains de change soit différée. Le Canada, par exemple, exige que la comptabilisation des différences de change sur créances et dettes à long terme soit différée et étalée sur la durée de vie des éléments correspondants; au motif que ces différences peuvent s’inverser durant cette période. Cette pratique est actuellement en cours de révision. En France, les gains et pertes de change sur prêts à long terme peuvent donner lieu à un ajustement de la charge d’intérêts. Au Japon, les gains et pertes de conversion sur éléments monétaires à long terme ne sont généralement pas comptabilisés car ces postes sont convertis au taux historique. En cas de variation significative, ces éléments peuvent être alignés sur le taux de clôture, qui devient alors le nouveau taux historique. Voir également Ordelheide (1995), Ebbers et McLeay (1996) et Price Waterhouse (1995).

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