Définition de comptabilité par comptes d’opérations
March 18, 2008 – 10:47 am
Les comptabilités par comptes d’opérations sont celles dans lesquelles un compte est ouvert à chaque opération effectuée. Par exemple, à chaque chantier d’une entreprise de travaux, à chaque film d’une entreprise de production cinématographique, à chaque voyage en mer d’un navire.
Il a déjà été question de ces comptabilités par opérations et de leur origine dans la première partie de ce livre. Nous éviterons donc ici toute description théorique.
Chaque compte d’opération est débité de tout ce qu’a spécialement coûté l’opération, c’est à dire de ce qu’on appelle les Charges propres; il est crédité de tout ce qu’elle a rapporté les Produits propres. Le solde du compte est le Produit net de l’opération.
L’on peut remarquer que le total du débit du compte constitue ce qu’on appelle le prix coûtant (1) de l’opération, notion qui s’oppose à celles de coût de production ou de prix de revient, ces deux notions de coût de production ou de prix de revient incluant l’imputation de charges générales de l’entreprise étrangères en fait à l’opération.
Fréquemment aussi le compte d’opération est subdivisé en deux comptes distincts : un compte de coût et un compte de produit de l’opération.
Détermination du résultat général de l’entreprise
Chaque opération laisse un produit net ou une perte nette d’opération. La somme algébrique de ces résultats nets d’opérations constitue le résultat brut de l’entreprise, normalement un bénéfice brut.
En déduisant de ce bénéfice brut les charges communes aux opérations, c’est à dire les charges générales d’administration et de fonctionnement de l’entreprise, encore appelées charges de structure, on obtient le résultat net de l’entreprise.
Conditions d’application de la Comptabilité par opérations
Cette méthode s’applique aux entreprises dont les opérations sont parfaitement différenciées entre elles, c’est à dire dont les charges propres et les produits propres sont évidents. Encore faut il pour que la méthode soit vraiment intéressante que la masse des charges communes soit relativement peu importante par rapport à la masse des charges propres des opérations, 10 à 20 % par exemple, au maximum.
La comptabilité par opérations serait la méthode idéale pour toute entreprise, malheureusement la condition de différenciation des opérations s’y oppose très souvent. Il n’en reste pas moins que, chaque fois que cette condition est réalisée, la comptabilité par opérations doit être préférée à la méthode par exercices. Ses avantages sont tels que lorsque se crée une industrie nouvelle, sans attaches avec le passé, sans antécédents, lorsqu’elle cherche la méthode de comptabilité qui lui convient le mieux, si elle se trouve dans les conditions requises, elle réinvente tout naturellement la comptabilité par opérations, sans même savoir souvent qu’elle existe.
C’est l’aventure qui est advenue à l’industrie cinématographique .
Dans certaines entreprises, après avoir déterminé le résultat net par opération, on impute au résultat de chaque opération une quotte part des charges communes, des charges administratives. On transforme ainsi implicitement le coût variable de l’opération en une sorte de prix de revient, calculé à l’instant de la vente, toutes charges, même de distribution, incluses.
Le fait est peu gênant pour l’interprétation des opérations car, en règle générale, il s’agit d’une imputation de charges de l’ordre de 8 à 10 % des charges propres de l’opération, ce qui par conséquent ne peut défigurer celle ci.