Principes généraux

March 18, 2008 – 11:27 am

L’étude complète des comptabilités par prix de revient relève d’un cours de comptabilité industrielle (comptabilité de rendement, ou comptabilité analytique, ou comptabilité par prix de revient, etc.). Ici, par conséquent, nous ne ferons que poser quelques principes sans les développer. Les formes de comptabilité industrielle varient nécessairement avec les modalités techniques d’exploitation. Il est possible de distinguer cinq formes principales de comptabilité par prix de revient, utilisées selon les cas d’espèce

Cas d’une entreprise ne fournissant qu’une seule production ou qu’un seul service, toujours semblable à longueur d’année

En pareil cas, une comptabilité par prix de revient proprement dite est totalement inutile. Il suffit de disposer d’une comptabilité commerciale ordinaire de la forme :

Actif + Charges = Passif + Produits.

En fin d’année, en divisant la totalité des charges par les quantités produites, on obtient le prix de revient unitaire à l’instant de la vente.

Si l’on divise seulement les Charges de production (y compris une quotepart des Charges d’administration) par ces mêmes quantités, on obtient le coût de production.

Enfin, en divisant les Charges variables de production par les mêmes quantités, on obtient le prix coûtant.

Ce sera le cas par exemple d’une briqueterie fabriquant une seule espèce de tuiles, du genre tuiles de pays, à longueur d’année.

Comptabilité par opérations

Il s’agit ici d’entreprises effectuant un nombre relativement restreint d’opérations, chacune de ces opérations étant par suite relativement importante, et surtout parfaitement différenciée.

Chaque fois que ces conditions sont réunies, ce type de comptabilité doit être préféré à tout autre.

Dans la comptabilité, il existe donc deux catégories de charges : d’une part, les charges propres à telle ou telle opération, d’autre part les charges générales de l’entreprise, ou charges communes aux opérations. Un compte est ouvert à chaque opération, et la comptabilité prend la forme

Actif + Charges d’opérations + Charges communes
= Passif + Produits d’opérations + Produits divers.

Chaque compte de Charges d’opérations fournit directement le prix coûtant de l’opération. On peut transformer ce prix coûtant soit en coût de production, soit en prix de revient, en lui incorporant par voie de pourcentage (dont les modalités toujours arbitraires restent à déterminer) telle ou telle partie des charges communes.

La comptabilité « Haute Couture » dont il a été question précédemment, appartient à ce type. Il en est de même de la comptabilité des Entreprises de travaux qui sera étudiée plus loin.

Comptabilité dite « industrielle » classique, ou Comptabilité intégrée

Cette comptabilité qui était pratiquement la seule utilisée dans les entreprises industrielles (à l’exception rare des deux précédentes) jusqu’en 1947, est nommée comptabilité intégrée parce que la comptabilisation du calcul des prix de revient se trouve intégrée dans la comptabilité générale elle même.

La comptabilité intégrée peut être représentée par les égalités suivantes:

Actif + Charges par nature = Passif + Produits
-Charges intégrées aux prix de revient
+ Prix de revient
Actif + PdR + Charges résiduelles = Passif + Produits.

Ces comptabilités présentent de nombreux inconvénients qui ont été souvent rappelés. Le principal est précisément l’incorporation directe des calculs de prix de revient dans la comptabilité générale, ce qui retarde la tenue de celle ci et peut même la mettre en péril si ces calculs prennent trop de retard, ou s’avèrent, dans certains cas, irréalisables.

A partir de 1935 environ, divers procédés ont été recherchés et proposés pour remédier aux défauts des comptabilités intégrées. Le premier imaginé a été celui des comptes d’imputation : au lieu de créditer les comptes de charges par nature par le débit des prix de revient, on créait, en comptabilité générale, des comptes dédoublés qui portaient les mêmes noms que les comptes de charges par nature.

Par exemple:

En face du compte Salaires (débiteur) était créé un compte Salaires imputés destiné à être crédité de la partie de salaire intégrée dans un prix de revient.

Ce procédé apportait une certaine clarté aux écritures comptables, mais le calcul des prix de revient demeurait intégré dans la comptabilité générale.

Comptabilité articulée

Il s’agit ici en fait de deux comptabilités à partie double conjuguées, c’est à dire ce qu’il est permis d’appeler une comptabilité à partie quadruple.

Les deux égalités représentant cette comptabilité sont:

Actif + Charges = Passif + Produits (2-1)
PdR + Produits réfléchis = Facturations + Ch réfléchies (4-3)
La Comptabilité (2-1) est dite : Comptabilité générale
Et la Comptabilité (4-3): Comptabilité analytique.

Dans ces comptabilités, les faits compensés (ceux qui ne modifient pas le résultat) sont enregistrés seulement dans la comptabilité générale (2-1). Les faits non compensés (ceux qui modifient le résultat) sont enregistrés d’une part dans la comptabilité générale (2-1) et, d’autre part, dans la comptabilité dite analytique (4-3).

A cet effet, en principe à chaque compte de charges et à chaque compte de produits de la comptabilité générale correspond un compte de Charges réfléchies et un compte de Produits réfléchis, portant dans la comptabilité analytique le même nom qu’en comptabilité générale : à Salaires correspond Salaires réfléchis.

La règle de fonctionnement est que chaque fois qu’un compte de Charges ou un compte de Produits fonctionne dans la comptabilité générale, le compte réfléchi qui porte le même nom fonctionne avec le signe contraire dans la comptabilité analytique et réfléchit la charge ou le produit, selon le cas, dans le compte de prix de revient ou dans le compte de facturation approprié avec, bien entendu, le signe qu’il avait dans la comptabilité générale.

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