Production et Exploitation chez le Producteur

March 18, 2008 – 12:39 pm

Chez le producteur il existe des comptes par film. L’opération est ici la production, c’est à dire la fabrication d’un film, suivie d’une série de locations constituant, pour le producteur, l’exploitation.

Toutes les charges de production d’un film sont inscrites au compte 65 Charges de production de films. Ce compte doit être analysé par film (avec sous analyse conforme au devis) et d’autre part selon les charges par nature. Il est débité par 172 Compte de liaison d’établissement « Production » (divisé par film), qui comporte les règlements; ou par 466 (tiers coproducteurs).

La production est longue, elle dure toujours plusieurs mois. L’exploitation est encore plus longue, elle dure plusieurs années .

En fait, le film reste en location jusqu’à ce qu’il ne trouve plus preneur.

Très schématiquement, tout chiffre ne pouvant être que très approximatif et simplement donné pour fixer les idées, nous pouvons considérer que, pour un certain film, la production a duré un an. Puis vient la présentation du film, c’est à dire l’équivalent d’une répétition générale au théâtre. A la suite de cette présentation, l’exploitation du film commence : Sortie en exclusivité du film, environ un mois (cette exclusivité pouvant être donnée à une seule salle ou à deux ou trois salles) ; puis, sortie générale du film et exploitation sur Paris : 6 mois ou un an; enfin, sortie en province et à l’étranger : six mois ou un an.

Le, film peut encore connaître ensuite deux ou trois années d’exploitation dans des salles plus petites, mais assez nombreuses.

La sortie en exclusivité, qui apporte de grosses recettes, la sortie générale sur Paris et la sortie générale sur province, soit au total environ deux ans, permettant le plus souvent la couverture des frais de production du film. Et c’est seulement à partir de la troisième année, lorsque le film continue à circuler dans les salles de moins en moins importantes, que le bénéfice apparaît. On peut admettre en gros que, lorsque tout va bien, l’exploitation du film dure de trois à cinq ans (2) Et il se peut que le producteur ne
sorte qu’un film de bon sur cinq. De bon au sens financier, c’est à dire capable non seulement de procurer des bénéfices, mais encore d’aider à couvrir les pertes de films moins réussis.

Ainsi la durée normale de l’opération production et exploitation serait de quatre à six ans. Or, le producteur doit établir un bilan tous les ans et, finalement, il doit déclarer également tous les ans les bénéfices réalisés. De là résultent certaines particularités comptables que nous aurons à étudier.

Comptabilité antérieure au guide comptable professionnel

Dans ce titre IV, consacré aux comptabilités pour Opérations, il semble utile de rappeler l’origine des comptabilités de production cinématographique.

Cette industrie, née de toutes pièces au XXe siècle, avait réinventé la comptabilité par opération, les mêmes causes produisant les mêmes effets.

Un compte Film, à l’actif (subdivisé par titre de film) enregistrait la totalité des charges constituant des « productions d’immobilisations ».

Ce compte général était lui même subdivisé en « Productions en cours », « Films terminés non présentés », et « Films en exploitation » chacun de ces comptes étant subdivisé par titre de film.

Enfin, chaque compte de Film était analysé par nature de charges, ce qui correspond à la règle posée par le Plan comptable général en matière de Prix de revient direct. (P.C.G. éd. 1957, pp. 196 et 197.)

Ce mécanisme était complété, pour les résultats d’exploitation, par un compte « Exploitation de films » (analogue au compte 70 actuel, crédité des produits des licences d’exploitation, mais aussi débité des charges d’exploitation ; et bien entendu subdivisé par film) ; et pour les amortissements, par un jeu d’écritures comme il sera dit ci après. (De ces amortissements, le Guide comptable professionnel dit seulement qu’ils « suivent les règles fixées par l’usage et les règlements en vigueur ».)

Laisser un commentaire