Permanence de l’Inventaire au prix d’achat

Il existe plusieurs méthodes de permanence d’inventaire au prix d’achat.

Elles exigent toutes la connaissance au moment de chaque vente du prix coûtant des marchandises vendues.

Détermination du prix coûtant des marchandises vendues

Il existe, à cet égard, plusieurs modalités de calcul

Prix coûtant par lot (ou Premier entré, premier sorti :

Un article déterminé a été acheté à plusieurs reprises par le commerçant à des prix différents; et il existe constamment dans le magasin, à un instant donné, un certain nombre d’objets identiques achetés à ces différents prix.

Chaque achat constitue un lot et l’on admet dans cette première modalité de calcul que chaque objet vendu provient du lot le plus ancien dont il existe encore des exemplaires. Cette modalité est complexe : il faut identifier, en comptabilité tout au moins, les lots, pour suivre leur épuisement successif et savoir quel prix coûtant attribuer aux objets vendus.

Elle présente encore d’autres inconvénients. Si les cours subissent des fluctuations importantes, ou bien les prix coûtants seront sans rapport avec les prix de vente, ou bien, si les prix de vente sont établis d’après les prix coûtants par lot, ils seront sans rapport avec les réalités économiques au moment de la vente et donc trop faibles ou trop forts.

Aussi, bien que rigoureusement logique, cette modalité est elle très peu employée, surtout en période d’instabilité des prix.

Voici un exemple d’application de cette modalité (Compte de Matières premières ; en entrées, les achats ; en sorties, les entrées en fabrication).

Dernier entre, premier sorti

Cette modalité, qui prend le contre pied de la précédente, a sur elle le gros avantage de tenir compte des cours récents d’achats, pour les comparer aux prix de vente actuels.

Par contre, le stock, dans sa masse stable, demeure évalué à des prix de plus en plus anciens et sans rapport avec les cours actuels.

Cette modalité est peu utilisée en pratique.

Une autre est voisine de celle ci : celle du prix de remplacement.

Prix de remplacement.

Cette modalité de calcul consiste à évaluer les sorties au prix actuel que l’on devra payer pour remplacer ce qui est utilisé ou vendu.

Quel que soit le prix d’achat, qu’il y ait hausse ou qu’il y ait baisse, les sorties pour entrer en fabrication (industrie) ou pour vente (commerce) sont évaluées au cours le plus récent connu.

Une double justification de cette modalité peut être présentée:

Considérons une Usine qui revend des Matières premières parce qu’elle n’en a plus l’emploi, en fonction du prix d’achat, au lieu du cours du jour. S’il y a eu hausse du prix d’achat, l’acheteur réalise un bénéfice injustifié par rapport au cours actuel.

Il faut nécessairement que quelqu’un fasse ce bénéfice sur les cours. Il est plus logique que ce soit le vendeur, qui a acheté en temps voulu, pour se prémunir contre la hausse des cours, plutôt que l’acheteur qui a attendu la hausse pour agir.

D’autant plus qu’en cas de baisse, le vendeur ayant fait un mauvais calcul, revendra certainement en fonction du prix actuel, et subira la perte.

Le commerçant (prenons ce cas pour simplifier) pourrait ne pas avoir de stock, et attendre l’ordre du client pour passer lui même une commande au fabricant.

Son achat et sa vente seront tous deux aux prix actuels.

S’il a un stock, c’est pour rendre service au client, pour que celui ci puisse être livré sur le champ. On peut considérer qu’en fait le commerçant avance sur son stock au client les marchandises dont celui ci a besoin, en attendant que le fabricant ait livré. Mais c’est ce que livre le fabricant qui est en fait vendu au client, en fonction du prix fait par le fabricant.

Au cas de hausse persistante des cours, cette méthode (si les prix de vente sont calculés en fonction des prix de revient actualisés) évite l’appauvrissement de la Trésorerie.

Elle ne provoque pas de hausse des prix; elle la constate.

Au cas de baisse, elle contraint l’industriel ou le commerçant chargé de stock à baisser ses prix.

Elle ne provoque pas la baisse ; elle la constate.

Mais deux correctifs sont nécessaires:

Le prix de sortie n’ayant aucun rapport avec le prix d’entrée en stock, une différence de cours doit être enregistrée.

Prix standard (2) à l’entrée

Le calcul, ici, consiste à enregistrer l’entrée au magasin des marchandises ou matières premières achetées, à un prix constant représentant sensiblement la moyenne des cours le prix standard.

La différence avec le prix d’achat réel, en plus ou en moins, est inscrite à un compte de « Différences de cours sur achats ».

Si les cours oscillent autour d’une moyenne, et si le prix standard est bien choisi, le solde de Différences de cours doit être très faible en fin d’exercice. Il est viré au compte de Pertes et Profits.

L’intérêt de cette modalité est que les écarts sur achats isolés, n’influent plus sur l’exploitation, ni sur les prix de revient.

D’autre part, les écarts enregistrés par ce compte permettent de contrôler le fonctionnement du service Achats de l’entreprise.

Prix standard à la sortie

Le stock est alors évalué au prix moyen d’achat (ci après F.) Mais le compte du Coût de production est débité à un prix standard, en principe invariable. Les variations de cours d’achat n’influent donc plus sur le coût de production.

Ici encore, un compte de Différences de cours sur achats est indispensable.

Prix moyen, dit : pondéré

Les entrées en stock (achats de marchandises ou de matières premières) sont comptabilisées à leur valeur réelle.

Et, lors de chaque entrée, le nouveau prix moyen du stock est calculé, compte tenu de cette entrée.

Les sorties sont faites au prix moyen.

C’est la modalité de calcul la plus couramment employée.

C’est celle présentée comme modalité normale par le Plan Comptable Général.

En toute hypothèse, c’est la valeur ainsi calculée qui doit apparaître au bilan.

Son principal avantage est que, si les cours oscillent autour d’une moyenne, il se produit une compensation des écarts qui tend à atténuer les oscillations.

Mais si les cours varient constamment dans le même sens, la correction ne se produit plus, et le résultat du calcul est constamment en retard sur les événements.

Enfin, si les entrées de marchandises sont fréquentes, cette modalité devient lourde, en raison du nombre élevé de calculs qu’elle exige alors.

Remarques sur ces diverses modalités

Au cas de variations continues des cours dans le même sens, aucune de ces modalités de calcul n’est pleinement satisfaisante. Le calcul au prix moyen pondéré lui même n’est qu’un pis-aller.

Le qualificatif : pondéré (qui fait un peu pléonasme avec l’adjectif moyen) est là pour rappeler qu’il est tenu compte des quantités en stock ou achetées. Et qu’il ne s’agit pas d’une simple moyenne des prix.

Seul, le calcul au prix moyen est admis pour la présentation du stock au bilan.

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