Notion générale de Comptes de liaison

Les comptes de liaison qui existent dans la plupart des comptabilités sont des Comptes d’Ordre qui peuvent jouer deux rôles : ils peuvent établir une liaison dans l’espace, par exemple entre une succursale et le siège social (Compte courant succursale et Compte courant siège social), entre le siège administratif et l’usine (compte Usine et compte Siège), ou bien simplement entre deux journaux d’une même comptabilité (compte Virement de fonds entre le journal de la Caisse et celui de la Banque ; comptes Achats comptant ou Ventes comptant entre d’une part le journal d’achats ou le journal de ventes et, d’autre part, le journal de caisse ou le journal de banque comptes Effets à l’encaissement ou Effets négociés entre le journal de sortie des effets à recevoir et le journal de banque).

Ils peuvent aussi établir une liaison dans le temps entre les deux phases d’une opération commerciale : c’est le rôle par exemple des comptes Effets à l’encaissement et Effets négociés. Dans une première phase, ils permettent de constater la remise en banque .

Il est à remarquer qu’ici peut déjà s’établir une liaison entre deux exercices successifs lorsque la fin d’exercice intervient entre la première phase et la seconde phase de

Comptes transitoires d’exercice

Les comptes transitoires d’exercice sont des Comptes d’Ordre qui servent à reporter d’un exercice au suivant les opérations inachevées. Ils existent dans toutes les comptabilités à peu de chose près.

Tels sont par exemple le compte Charges d’avance (1) qui permet de reporter d’un exercice à l’autre des charges payées au cours d’un exercice, mais qui concernent le suivant. Le compte Stocks lui même est un compte transitoire d’exercice : il représente des achats effectués antérieurement à la fin de l’exercice, mais dont bénéficiera sous forme de ventes l’exercice suivant. L’opération complète est l’opération d’achat vente, l’achat en est la première partie, la vente la seconde.

Mais les comptes transitoires prennent une importance particulière et des aspects variés dans les entreprises effectuant des opérations de longue durée dont le type principal est l’entreprise de travaux publics.

D’une façon générale, considérons trois exercices successifs désignés dans le tableau n° 28 par : Exercice n° 1, Exercice n° 2, Exercice n° 3, et des opérations représentées par les rectangles A à G. Telle opération ou bien appartient tout entière à un seul exercice, ou bien elle se trouve à cheval sur au moins deux exercices. Nous éliminons ici le cas où l’opération porte sur plus de deux exercices, le raisonnement serait exactement le même.

Examinons les opérations commencées au cours de l’exercice n° 2, et se terminant au cours de l’exercice n° 3 ce sont les opérations des types E et F.

Dans le cas de E par exemple, il est évident, d’après la position du graphique, que cette opération appartient essentiellement à l’exercice n° 2, et quelques éléments seulement ont été enregistrés ou seront enregistrés au début de l’exercice n° 3. Ces éléments sont des produits et des charges.

Dans le cas de l’opération F, l’opération appartient tout entière à l’exercice n° 3, à l’exception de quelques produits et de quelques charges déjà constatés à la fin de l’exercice 2.

Or, il est indispensable, pour que l’arrêté d’exercice soit correct, que chaque exercice contienne des opérations complètes et non des fractions d’opérations. C’est en effet la somme des résultats d’opérations qui constitue le résultat de l’exercice.

Nous admettrons ici que l’opération E appartient à l’exercice 2, et l’opération F à l’exercice 3. Nous aurons donc à ramener dans l’exercice 2 des produits et des charges de E constatés en 3 et à transférer dans l’exercice 3 des charges et produits de F déjà enregistrés en 2. Nous les appellerons Produits transitoires de E, Produits transitoires de F, Charges transitoires de E, Charges transitoires de F.

Au Bilan de l’exercice n° 2

Il résulte de ces écritures qu’au bilan de l’exercice 2 apparaîtront à l’actif les produits transitoires de E et les charges transitoires de F, tandis qu’au passif nous trouverons les charges transitoires de E et les produits transitoires de F.

La place de ces comptes dans le Bilan se trouve, ou devrait se trouver, dans la catégorie des valeurs d’exploitation qui devraient s’appeler Valeurs transitoires d’exploitation, et qui contiennent déjà le Stock, c’est à dire les achats en transit d’un exercice au suivant, et qui devraient contenir les charges d’avance, actuellement mal placées parmi les créances dans le P.C.G.

Nous avons déjà rencontré plusieurs exemples de comptes transitoires. Il en est ainsi, dans les Banques, du compte Réescompte et des comptes dénommés : Comptes d’ordre et divers; et nous pouvons maintenant comprendre pourquoi ces derniers comptes sont divisés, à l’actif et au passif, en « profits » et « frais » .

Dans les Compagnies d’assurances, nous trouvons les Provisions pour risques en cours, et, dans toutes les comptabilités, les Charges d’avance, les Produits d’avance, et les Stocks.

Nous avons également rencontré ou nous rencontrerons des comptes transitoires dans d’autres comptabilités, par exemple les Abonnements à servir dans les comptabilités des périodiques, les comptes de Mémoires et de Dépenses de chantiers dans les entreprises de travaux, les comptes Coût des films et Recettes d’exploitation des films dans les entreprises de production cinématographique.

Ces comptes présentent une importance particulière chez le commissionnaire de transports qui connaît comme les Banques les quatre catégories:

Charges transitoires de E, Produits transitoires de E, Charges transitoires de F et Produits transitoires de F, utilisées selon qu’une opération à cheval est considérée comme pratiquement achevée et acquise à la fin de l’exercice, quelques charges ou produits restant encore à encaisser (cas de l’opération E), ou au contraire selon qu’il s’agit d’une opération à peine commencée à la fin de l’exercice et qui doit tout entière être rejetée dans l’exercice suivant, quelle que soit l’importance des charges et produits déjà comptabilisés (cas de l’opération F). Le critère de la distinction est ici la notion de « Service fait ».

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