Analyse du coût de production des films
March 19, 2008 – 10:15 am
Le coût de production d’un film se compose de plusieurs sortes de charges:
- des charges spéciales (droits d’auteur; appointements ou cachets des artistes, opérateurs mécaniciens, machinistes, électriciens ; décors spéciaux; accessoires; frais de déplacement; pellicule ; locations de matériels, de studios, d’immeubles pour les prises de vues ; indemnités; d’occupation; assurances; charges de financement du film; etc.) très importantes et, en général, faciles à identifier comme se rapportant à un film déterminé;
- des charges générales dont l’imputation à un film déterminé est relativement facile (utilisation des studios, du matériel (1), des décors permanents (2) appartenant au producteur ; personnel fixe des studios ; etc.). Ces charges générales pourront faire l’objet d’une imputation ayant le caractère d’une sorte de location faite à la production d’un film déterminé. En pratique d’ailleurs, il s’agira souvent de véritables locations, les producteurs ne disposant pas toujours de studios, mais les louant, et louant du matériel spécialisé et des décors permanents ces dépenses rentrant alors dans les charges spéciales;
- à ces éléments il reste enfin à ajouter une quotte part des charges fixes administratives générales de la société, et du financement général. Elles seront le plus souvent imputées à la journée d’utilisation des studios, ou à la journée de déplacement à l’extérieur.
Il importe de faire observer ici que, lorsque le film est achevé, le coût de production du film est complet, mais, à partir de ce moment, commencent à se manifester des dépenses qui appartiennent au coût d’exploitation du film. Ce sont de ces dépenses qu’en comptabilité analytique on appellerait des charges de distribution, mais que nous appellerons ici des charges d’exploitation pour éviter toute confusion avec les charges du distributeur.
Les charges d’exploitation se manifesteront aussi longtemps que le film sera exploité. Ainsi, si le coût de production du film est connu dès sa présentation, son prix de revient, y compris les charges d’exploitation, ne sera connu que lorsque l’exploitation sera terminée, c’est à dire plusieurs années plus tard.
Le Plan comptable professionnel distingue plusieurs variétés de frais inhérents à la production d’un film.
Les Frais préliminaires (à l’actif, compte 29). Ce sont les frais engagés avant la décision de produire le film. Ils ont pour contrepartie des comptes des Classes 4 et 5.
Après décision de produire, ces frais sont virés, selon le cas, à 17.2 compte de liaison d’Etablissement Production, ou à 46.6 Comptes courants des tiers sans conventions particulières (pour leur part).
Notons que la Production de chaque film fait l’objet d’une comptabilisation distincte dite « Unité comptable et financière de production », d’où le compte de liaison 17.2, analogue à un compte de liaison de succursale.
Le compte Film, qui comprend:
les investissements en propriété des droits corporels et incorporels (droits pécuniaires d’auteur et dépenses de réalisation du négatif, images et sons).
La réalisation peut revêtir deux formes, et même trois
Production directe (sans associés)
Coproduction.
Coproduction active (l’entreprise considérée étant le gérant dit « coproducteur délégué » de la coproduction).
Part de coproduction lorsque l’entreprise n’est pas le gérant de la coproduction.
les investissements en jouissance de droits divers aux recettes, réalisés sous forme de participation financière.
Investissement en acquisition de droits d’exploitation, moyennant un prix forfaitaire ou variable.
La comptabilisation des charges, telle que prévue par le guide comptable professionnel, est assez complexe, du fait notamment de la coproduction.
On peut la schématiser ainsi, dans le cas de la production directe:
Les charges de production d’un film sont comptabilisées (Production directe et coproduction active) par l’« Unité comptable et financière de production » de ce film. Elles sont virées au débit de 17.2 Compte de liaison d’établissement Production; ce dernier compte est ensuite crédité par le débit du compte 65.0-Charges de production de films.
Ce compte 65.0 comporte lui même un classement interne, simplifié, de charges par nature.
(Dans le cas de « part de coproduction » réalisée par une autre entreprise, le compte 65. est crédité par le débit de 46.6-Comptes courants des tiers sans conventions particulières).
En fin d’exercice, le compte 78.2-Production de films (Production faite pour soi même) est crédité par le débit du compte 23.2-Production en cours pour la valeur déterminée par la comptabilité analytique pour chaque production de film.
Ce dernier compte sera lui même crédité, après achèvement du film, par le compte 22 Films. Cette complexité est, semble t il, due à la nécessité de faire apparaître en Classe 6 (comptes 60, 61, 62, etc.) toutes les charges supportées par l’entreprise, pour des motifs relevant de la statistique générale et de la comptabilité nationale.