Caractères propres à la comptabilité juridique et fiscal

February 6, 2008 – 1:48 pm

La comptabilité générale est tout à la fois d’ordre économique, financier, juridique et fiscal.

Moyen de preuve, elle est soumise à des contraintes qu’aggravent les exigences administratives de la fiscalité. Elle utilise exclusivement la partie double qui ne se prête qu’à un nombre limité d’analyses et ne peut intégrer facilement dans son système de comptes, les prévisions budgétaires.

La comptabilité analytique d’exploitation est également d’ordre économique, mais elle se fonde souvent sur des supports d’ordre technique qu’ignore la comptabilité générale.

N’étant pas soumise aux contraintes qui pèsent sur cette dernière, son organisation peut être beaucoup plus souple. Elle est généralement autonome et si elle reste liée sur certains points à la comptabilité générale, elle s’en sépare non seulement par ses objectifs, mais aussi par ses techniques propres: si elle est apte à utiliser les mécanismes habituels de la partie double, elle peut leur substituer des tableaux à double entrée de calcul des coûts et de calcul des stocks, coûts obtenus très rapidement sur les ordinateurs.

Elle peut dès lors tenir compte aisément des contraintes suivantes (I):

  • l’adaptation nécessaire à la dimension, à la structure, aux activités propres de l’entreprise; sinon le contrôle qu’elle permet des responsabilités devient inopérant;
  • l’actualisation des informations qu’elle apporte. Ces informations n’ont de valeur que si elles sont connues rapidement des responsables de l’entreprise, lesquels peuvent alors dans un court délai prendre les décisions qu’elles appellent. La rapidité est ici toujours plus importante que la précision et l’on peut admettre dans bien des cas une approximation modérée des résultats. De cette exigence, découle d’ailleurs la division de l’exercice annuel en périodes de calcul des coûts relativement courtes (souvent le mois, jamais l’année);
  • la pertinence des informations collectées. Une information est pertinente si elle correspond aux besoins de celui qui l’utilise. Les informations recueillies doivent correspondre aux traitements que l’on effectue en comptabilité analytique. Des tris sont nécessaires, des reclassements inévitables pour que les résultats des calculs aient un sens utile. La notion d’utilité complète d’ailleurs celle de pertinence : il est bien inutile d’effectuer de longs calculs pour aboutir à un renseignement sans grande importance et coûteux.

La comptabilité analytique collecte la plupart des informations qui lui sont nécessaires dans la comptabilité générale ou dans les documents qui servent de base à cette dernière.

Mais:

  • Elle n’utilise pas toutes les informations, tous les résultats de la comptabilité générale;
  • Elle introduit, au contraire, dans ses systèmes de calculs, des données que ne prend pas en compte la comptabilité générale.

Nous préciserons ces différences dans les chapitres suivants.

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