Selon la loi, toute société doit établir un compte de résultat, un bilan et un rapport de gestion. Toute société possédant une filiale doit en outre publier un compte de résultat consolidé, un bilan consolidé et fournir dans l’annexe ou le rapport de gestion toute information pertinente sur le groupe. Les entreprises de grande taille et les sociétés cotées doivent également publier un tableau des flux de trésorerie.

Des expériences de publication complémentaire ont parfois été faites. Ainsi, dans les années 1970, plusieurs sociétés ont publié des données de nature sociale ou sociétale, sous des formes très diverses, allant de la fourniture d’informations très générales à l’établissement de documents plus structurés comme des états de la valeur ajoutée ou des comptes écologiques. Certaines entreprises se sont également efforcées de rendre compte des effets de l’inflation, en particulier en Finlande et en Suède. Ce type d’information a disparu dans les années 1980, sauf en Islande où un modèle de comptabilité d’inflation a été introduit dans la loi en 1979. Les années 1990 sont marquées par un renouveau d’intérêt pour les informations de type écologique.

Comme les autres documents qui n’ont pas d’incidence fiscale, le tableau des flux de trésorerie a été soumis à l’influence internationale, américaine en particulier. A la fin des années 1960, les entreprises commencèrent à publier volontairement des tableaux de financement établis selon le modèle en usage à l’époque aux États Unis. Ce modèle était centré sur le fonds de roulement. L’évolution de la pensée américaine sur la question, marquée par la publication du FAS 95, provoqua un changement comparable en Scandinavie et une évolution vers un tableau de flux de trésorerie. La loi ne réglemente pas ce domaine; elle exige seulement que les grandes entreprises et les sociétés cotées publient un tel tableau. Dans les années 1970, la pratique a néanmoins été quelque peu codifiée mais non uniformisée car plusieurs modèles sont admis. On a jugé préférable de laisser les entreprises faire des expériences car ce document sert en premier lieu aux investisseurs.

La loi exige l’établissement d’un rapport de gestion qui fait partie intégrante du rapport annuel et qui doit être audité, sauf en Islande où les réviseurs refusèrent de se prononcer sur un document qui contient l’opinion des dirigeants sur le développement futur de l’entreprise. La réglementation sur le rapport de gestion est conforme aux directives européennes. Ce document doit donc contenir des informations sur:

  • les circonstances qui ne figurent pas ailleurs dans le rapport annuel mais qui sont essentielles pour l’appréciation de la situation financière et des performances de l’entreprise;
  • les événements importants survenus après la clôture de l’exercice;
  • le développement futur de l’entreprise;
  • les activités de recherche développement;
  • les activités à l’étranger;
  • la proposition d’affectation du résultat et des réserves libres.

L’annexe sert à décrire et à expliquer les méthodes comptables utilisées; la référence aux US GAAP ou aux lAS est fréquente. Elle sert aussi à donner une information détaillée et complémentaire. L’annexe fait partie intégrante des états financiers et doit donc être auditée. Comme dans beaucoup d’autres pays, sa longueur ne cesse de croître. Les sociétés cotées publient parfois un tableau rapprochant le résultat et les capitaux propres obtenus de ceux découlant de l’application d’autres normes. Il s’agit le plus souvent d’un rapprochement avec les US GAAP mais les JAS constituent également une référence. Certaines entreprises comme Nokia fournissent même un double rapprochement avec les US GAAP et les JAS.

Les états financiers des entreprises scandinaves suivent en général scrupuleusement les modèles de la 4 directive européenne. Il y a néanmoins quelques différences mineures entre pays aussi bien qu’entre sociétés d’un même pays.La particularité essentielle réside dans la présence au passif des « réserves non taxées » qui impliquent, dans le compte de résultat, l’existence d’une ligne particulière intitulée généralement « dotations ou reprises de réserves non taxées ». Ces postes ne figurent généralement pas dans les comptes consolidés car les entreprises préfèrent, pour faciliter la compréhension de leurs comptes par les investisseurs internationaux, scinder les réserves non taxées en deux parties: l’une est portée dans les capitaux propres et l’autre dans les impôts différés.

Le compte de résultat est présenté verticalement et il fait apparaître plusieurs résultats intermédiaires. Le résultat net ne figure pas à la dernière ligne, mais juste avant les « dotations ou reprises de réserves non taxées ». L’impôt n’est pas ventilé entre les différentes sections du compte de résultat. Les deux modes de présentation des charges, par nature ou par fonction, sont admis par la loi.

Le bilan est présenté selon le modèle horizontal de la 4 directive européenne. L’objectif de calcul du résultat distribuable a donné lieu à l’obligation de scinder les capitaux propres en «réserves libres » et « réserves réglementées ».