La profession d’auditeur des Pays Scandinaves

March 11, 2008 – 10:20 am

Les organisations professionnelles d’auditeurs « autorisés » ont une longue tradition de coopération à travers la Fédération nordique des experts comptables. Seuls peuvent être membres de ces organisations les professionnels de la révision. L’adhésion est volontaire mais la plupart des auditeurs en sont membres. Ces organisations ont été créées en réponse aux scandales financiers du début du Xe siècle. Les auditeurs bénéficiant d’une véritable formation professionnelle s’organisèrent alors pour se différencier des autres. À la même époque, le législateur exigea que les sociétés aient des auditeurs qualifiés. Il existe une seconde catégorie d’auditeurs, les auditeurs « agréés », dont le niveau de formation est moindre et qui interviennent surtout dans des entreprises de taille petite ou moyenne. De nos jours, toutes les sociétés de capitaux doivent être auditées par des professionnels qualifiés (auditeurs « autorisés » ou « agréés »).

Les associations professionnelles scandinaves sont recensées . Les exigences en matière de formation et d’expérience professionnelle sont assez semblables. Pour devenir « auditeur autorisé », le candidat doit réussir mi examen qui sanctionne quatre années d’études à dominante comptable, juridique et fiscale. La préparation à cet examen est assurée par les associations professionnelles, sauf en Norvège. Le candidat doit également effectuer un stage dans un cabinet d’audit. La durée de ce stage est de cinq ans en Finlande et en Suède, de trois ans en Islande et de deux ans seulement en Norvège. Dans ce pays, le candidat doit en outre suivre une formation d’un an et demi à la Norwegian School of Economics and Business Administration (NHH). Les exigences pour devenir « auditeur agréé » sont moindres puisqu’un diplôme de premier cycle universitaire suffit. Ces exigences satisfont néanmoins au minimum requis par la 8 directive européenne. C’est l’État, par l’intermédiaire du ministère du Commerce ou de la chambre de commerce, qui délivre l’autorisation d’exercer les fonctions d’auditeur. Cette même autorité supervise la profession et a le pouvoir d’annuler cette autorisation en cas de faute grave.

Il n’a pas semblé nécessaire de réglementer la profession comptable autant que celle d’auditeur. Les cabinets, qui travaillent essentiellement pour les PME, ont essayé sans succès d’obtenir une reconnaissance légale. Les associations qui existent n’ont donc aucun caractère officiel.

Les auditeurs et leurs organisations professionnelles jouent un rôle important dans la normalisation comptable parce qu’ils sont bien organisés et qu’ils disposent d’une solide formation. Ces organisations constituent des groupes de pression actifs et leurs membres sont souvent nommés dans les comités qui préparent l’élaboration de lois dans le domaine comptable ou fiscal.

L’association suédoise félit la première à publier des normes de bonne pratique comptable, élaborées par un comité créé en 1964 sur le modèle américain. Une dizaine d’années plus tard, ce fut au tour des organismes finlandais, norvégiens et islandais de suivre la même voie. Au Danemark, les auditeurs tentèrent tout d’abord d’imposer les normes de l’IASC. Les résultats n’étant pas à la hauteur de leurs espérances, ils finirent par constituer eux aussi un comité comptable en 1986.

Comme aux États Unis, l’élaboration d’une norme donne lieu à la rédaction de plusieurs projets soumis à discussion, mais c’est finalement le conseil de l’organisme professionnel qui décide de son adoption. De 1957 à 1988, le FAR suédois (Foreningen Auktoriserade Revisorer Institut des réviseurs agréés) a publié vingt normes comptables. Son homologue finlandais KHT (Keskuskauppakamarin Hväkiymä Tlintarkastaja yshdistys Association des auditeurs agréés) n’a, pour sa part, jamais publié de normes mais a, de manière informelle, émis des recommandations fondées sur les JAS, en particulier avant 1974, date de création de la KILA (voir plus loin). De 1978 à 1988, l’organisme norvégien NSRF (Norges Statsautoriserte Revisorers Forening Institut norvégien des experts comptables agréés par l’État) a publié dix sept normes alors que de 1976 à 1988, le FLE islandais (Félag Loggiltra Endurskodenda Association des experts comptables agréés par l’État) en a élaboré dix huit. Quant à l’Institut danois FSR (Foreningen afStatsautoriserade Revisorer Institut des comptables agréés par l’État), il a publié plusieurs normes depuis 1988. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les instituts professionnels cédèrent la place à des organismes de normalisation dans lesquels divers groupes d’intérêts étaient représentés.

Bien que n’ayant toujours pas de caractère obligatoire, les directives émises par ces organismes ont fait autorité jusqu’au milieu des années 1980. Par la suite, leur influence a diminué en raison de l’alignement progressif de ces normes sur les IAS. L’IASC est en effet souvent rejeté car jugé trop représentatif de l’approche anglo saxonne qui fait la part belle aux marchés financiers. Comme on le verra plus loin, en Scandinavie, la comptabilité est censée répondre à plusieurs objectif.

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