Environnement culturel, politique et économique des Pays Scandinaves
March 10, 2008 – 12:37 pm
Pour éviter de commettre de graves erreurs d’interprétation, il est nécessaire de comprendre la culture et la façon de penser des Scandinaves.
La langue et la culture
Les langues nordiques différent les unes des autres par leur vocabulaire et leur structure grammaticale. Malgré cela, les habitants de ces pays n’ont pas de difficulté à communiquer entre eux car ces langages sont quand même assez proches.
En matière culturelle, l’Allemagne a exercé une influence prépondérante avant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, son influence s’est estompée au profit de celle des États Unis et, dans une moindre mesure, de la Grande Bretagne. Les pays scandinaves se sont également influencés mutuellement, même si ce phénomène est plus difficile à mesurer.
Si aujourd’hui les relations entre ces pays sont amicales (malgré parfois quelques incidents mineurs), il n’en a pas toujours été ainsi. Les conflits armés ont en effet été fréquents dans l’Histoire. La Finlande et la Norvège ont appartenu au royaume suédois avant d’obtenir leur indépendance. La Finlande a appartenu à la Suède pendant 700 ans avant d’être abandonnée à la Russie en 1812 et de devenir indépendante en 1917. La Norvège ne s’est séparée de la Suède qu’en 1905. Elle avait auparavant appartenu au Danemark pendant environ 300 ans, tout comme l’Islande. Certaines régions du sud et du centre de la Suède ont également fait partie du Danemark jusqu’au traité de paix conclu entre ces deux pays en 1658.
Les pays scandinaves ont une longue tradition démocratique caractérisée par la recherche permanente du consensus. Ouverture et participation sont donc des mots clés pour décrire les processus de changement, en particulier en matière législative. Le droit de cogestion des salariés est d’origine scandinave. Une autre caractéristique de ces pays est le droit dont dispose chaque personne de consulter tous les documents officiels (même ceux relatifs à des situations individuelles, tant que ces documents ne sont pas classés secrets, ce qui est très rare).
Les processus et systèmes politiques
La Finlande et l’Islande sont des républiques avec un président élu, alors que le Danemark, la Norvège et la Suède sont des monarchies. Le Danemark est d’ailleurs la plus vieille monarchie du monde. Maintenant, les familles royales n’ont plus de pouvoir, mais seulement des obligations de représentation. Le pouvoir est aux mains des Parlements qui apportent leur soutien aux gouvernements.
Le Danemark, la Finlande et la Suède sont membres de l’Union européenne, mais pas la Norvège ni l’Islande. Le Danemark en est membre depuis 1973, alors que la Finlande et la Suède n’ont rejoint l’Union européenne qu’en 1994. L’appartenance à l’Union européenne n’a pas d’incidence en matière comptable puisqu’en 1992, l’AELE (Association économique de libre échange) a conclu un accord avec l’Union européenne qui, entre autres, oblige les États de I’AELE à mettre leur législation en conformité avec les directives comptables européennes.
Les systèmes juridiques des pays scandinaves se situent entre le système allemand et le système britannique. Les lois ne sont pas aussi détaillées qu’en Allemagne, mais plus qu’en Grande Bretagne. Pour l’interprétation de la législation, les tribunaux ont moins de latitude qu’en Angleterre. Les lois et les réglementations ont une importance considérable, de même que l’intervention de l’État. Les négociations salariales et autres questions liées aux travail sont des domaines dans lesquels les gouvernements n’interviennent généralement pas. La relative paix du travail qui règne dans les pays scandinaves est généralement attribuée au fait que l’État laisse aux employeurs et aux salariés le soin de conclure des accords. Ceci est rendu possible par l’existence de syndicats puissants.
Même si les pays scandinaves sont traditionnellement considérés comme des pays dans lesquels l’État a un pouvoir important, il convient de ne pas surestimer l’importance de ce particularisme, il ne faut pas oublier en effet que ce sont aussi des pays d’économie de marché.
Le commerce et l’économie
Les pays scandinaves ont toujours été dépendants du commerce international. Certains secteurs sont cependant restés véritablement nationaux. En Scandinavie comme dans beaucoup d’autres pays, il y a eu la volonté politique de soumettre certaines activités au contrôle de l’État. Le secteur financier, par exemple, a longtemps été très réglementé.
Devant l’impossibilité de sortir des fonds de leur pays, les entreprises ont dû trouver d’autres moyens pour se développer à l’étranger, comme par exemple la cotation sur une place étrangère. Les entreprises scandinaves ont aussi réalisé un nombre important d’acquisitions en Europe et aux États Unis dans les années 1980. Cette stratégie leur a également permis d’avoir accès à ces marchés plus facilement. Lorsque par la suite les marchés financiers ont été dérèglementes, les capitaux étrangers sont arrivés dans ces pays et sont même devenus prédominants dans certaines entreprises.
Comparés à l’Angleterre et même à l’Europe continentale, les pays scandinaves se sont industrialisés tardivement. À la fin du XIX siècle, leur économie était encore essentiellement agricole. De nombreuses personnes ont d’ailleurs émigré en Amérique à cause de mauvaises récoltes. Ce n’est qu’au début du XX siècle que l’industrialisation a débuté mais elle s’est développée par la suite à un rythme très rapide. Les pays scandinaves ayant eu le privilège de ne pas être détruits par les Première et Seconde Guerres mondiales, ils ont pu répondre aux besoins de reconstruction des autres pays. L’industrialisation s’est accélérée dans les années 1950 et 1960, de sorte que l’immigration y est assez forte.
Aujourd’hui, l’économie scandinave est dominée par les services et la production de biens industriels. Le degré de spécialisation étant élevé et le marché intérieur limité, le commerce avec les pays étrangers est très développé. Les importations et les exportations représentent plus de 30 % du PNB. Les principaux partenaires commerciaux sont les autres pays scandinaves, suivis de l’Allemagne, du Royaume Uni, des États Unis et de la France.
L’inflation a été élevée en Scandinavie durant les années 1970 et 1980, notamment en Islande, mais elle est aujourd’hui revenue à un niveau faible.
Les systèmes financiers et la structure économique
La structure du tissu économique diffère légèrement selon les pays. Au Danemark, en Islande et en Norvège, les petites et moyennes entreprises sont prépondérantes. En Suède, l’industrie est dominée par environ vingt grandes sociétés. La Finlande compte également plusieurs importantes entreprises multinationales. Cette différence peut s’expliquer par le type d’activité prépondérant. Les entreprises suédoises et finlandaises importantes sont des sociétés à forte intensité capitalistique. Au Danemark, en Islande et en Norvège, où l’industrie agroalimentaire domine, les entreprises sont de taille plus réduite. Malgré le rôle prépondérant joué par l’État, il n’y a jamais eu beaucoup d’entreprises publiques. Depuis 1980, elles sont même moins nombreuses puisque plusieurs ont été privatisées.
Avant 1980, les marchés de capitaux ne jouaient qu’un rôle faible dans les pays scandinaves. Les sociétés les plus importantes étaient détenues par des familles de financiers ou de banquiers. Les entreprises étaient en outre encouragées à s’autofinancer grâce à des dispositions fiscales avantageuses (voir plus loin les « réserves non taxées »). À la fin des années 1970, les banques manquèrent d’argent pour financer l’industrie. Dans le même temps, les gouvernements accrurent la pression fiscale pour financer le développement des systèmes d’aide sociale. Il y eut donc un besoin important de ressources de financement. Dans tous les pays scandinaves, les marchés de capitaux se sont considérablement développés durant la décennie 1980. Malgré cela, les banques demeurent la principale source de financement des entreprises.