Les charges de personnel sont:
- soit directes,
- soit indirectes.
Une charge peut d’ailleurs être directe par rapport à un coût et indirecte par rapport à un autre coût.
Ainsi le salaire de l’ingénieur chef du bureau d’études est direct par rapport au coût des études techniques et recherches et indirect par rapport aux coûts de production des objets fabriqués dans l’entreprise.
Les documents de saisie des données indiquent, en général, la destination des frais : produit ou commande intéressé, centre de travail (ou d’analyse) concerné, etc.
L’affectation des charges directes de personnel.
Affectation des rémunérations des cadres, des collaborateurs, des employés.
Les temps consacrés à la production ou à la distribution de chaque produit ou de chaque commande par chaque salarié pendant une période (quinzaine, mois) sont portés sur la feuille personnelle d’affectation périodique, valable pour la période considérée. De cette feuille de répartition des temps, on déduit la répartition des rémunérations.
La difficulté que nous allons signaler plus loin ne se rencontre ici que rarement car c’est le temps de présence qui est en général réparti.
Affectation des rémunérations des ouvriers.
Les temps de travail portés sur les bons de travail par ouvrier et par produit (ou commande) sont des temps de travail effectif qui ne coïncident pas avec les temps de présence et leur sont toujours inférieurs. La différence est justifiée :
par les temps nécessaires pour aller de l’horloge pointeuse au poste de travail, et vice versa;
par les interruptions de travail (temps morts) qui peuvent être:
normales : approvisionnements du poste, mises en place des pièces, réglages, nettoyages, entretien, etc.
ou anormales : pannes de matériel, pannes d’énergie, etc.
Les répartitions entre les produits (ou les commandes) étant fondées à la base sur des temps effectifs (t) et non sur des temps de présence (T), pour tenir compte des temps morts et des rémunérations correspondantes, deux solutions sont possibles:
majorer les temps effectifs pour les transformer en temps de présence.
Dans un atelier pour lequel le total des temps de présence est 2 200 h et le total normal des temps effectifs de 2 000 h, le rapport T/t est:
T/t=2200/2200=11/10=1,1
Si pour la fabrication du produit A dans l’atelier, le total des temps effectifs est 700 h, le total des temps de présence considérés comme correspondants est alors 700 h x 1,1 = 770 h. On valorise ensuite ces 770 heures au taux horaire moyen de l’atelier (1). Si ce taux est 30 F, on affectera au produit A : 30 F x 770 = 23 100 F.
majorer, non plus les temps effectifs, mais le taux horaire moyen de l’atelier.
Ainsi, dans le cas considéré ci dessus, si le taux horaire moyen est 30 F, on applique aux temps effectifs un taux horaire majoré égal à 30 F x 1,1 = 33 F. L’affectation au produit A est alors, comme dans le cas précédent, de 33 F x 700 = 23100F.
REMARQUES
L’établissement pour chaque période du rapport t/T permet le contrôle de l’activité. Si l’on considère que le taux normal est et si ce taux pour une période déterminée devient 1/1,2 c’est qu’une difficulté s’est produite dont il faut expliquer la cause (des pannes d’énergie, par exemple).
Il est d’ailleurs intéressant d’analyser avec une précision plus grande lest temps réels d’activité (t’) (ou temps de présence réelle dans les ateliers). Le rapport t/T étant un rapport de rendement, le rapport est un rapport d’activité ou d’emploi. On a intérêt à évaluer ces deux rapports, non seulement pour chaque atelier, mais pour chaque équipe de travail et, le cas échéant, pour chaque salarié.
Pour simplifier le travail de répartition, on peut, au lieu d’utiliser le rapport T/t correspondant à la période, considérer le rapport T/t normal (prévu). Il en résulte une différence d’incorporation qui n’est pas intégrée aux coûts, mais est traitée comme un résultat.
Les documents facilitant le travail.
Les feuilles d’affectation périodique et les bons de travail sont dépouillés par le bureau de la comptabilité analytique et leurs éléments regroupés, non plus par salariés, mais par produits et commandes. Les tracés de ces documents varient avec les entreprises et les moyens matériels dont elles disposent.
La répartition des charges indirectes de personnel.
En principe, la répartition primaire (des comptes de charges par nature aux centres d’analyse) ne crée pas de difficultés majeures, car le personnel en cause est le plus souvent entièrement attaché à un centre de travail correspondant au centre d’analyse.
Ainsi les rémunérations des ouvriers d’entretien et du responsable de l’atelier d’entretien sont en bloc «incorporées» au centre «Gestion du matériel » (section Atelier d’entretien de matériel).
Toutefois, en fonction de la nature de l’entreprise et de sa taille, on peut être amené à concevoir des organisations particulières.
Charges sociales et coûts.
Les charges sociales doivent être incontestablement incorporées dans les coûts:
- celles qui concernent la main d’oeuvre directe étant affectées directement dans les comptes de coûts et coûts de revient,
- celles qui s’appliquent à la main d’oeuvre indirecte, réparties entre les centres d’analyse (et le cas échéant, leurs sections).
Mais:
- les affectations aux coûts, centres d’analyse ou sections peuvent être effectuées soit par l’intermédiaire d’un tu plusieurs comptes de reclassement «Charges sociales », soit sans cet intermédiaire;
- la périodicité des charges ne correspond pas toujours à la périodicité des enregistrements, ce qui conduit à calculer les taux de charges restant constants un taux moyen de charges sociales majorant les rémunérations brutes. Encore peut on tenir compte des plafonds dans le calcul des charges et des taux de cotisations différenciés (pour les cotisations concernant le risque «accidents du travail », par exemple), ce qui entraîne l’analyse des charges sociales par catégories de personnel.
Les avantages en nature (loyers du personnel logé, voitures automobiles pour les cadres exécutifs ou supérieurs, tickets de restaurant), enregistrés dans des comptes de la classe 6 autres que le compte «Achats» et le compte «Charges de personnel », constituent des rémunérations indirectes. Il est souhaitable que ces rémunérations soient au cours des répartitions primaires regroupées dans un compte de reclassement « Avantages en nature ».