17
Mar
C'est avec Léautey (vers 1880) que commence à se poser ce qu'on a appelé le problème du bilan type.
Il s'agissait d'examiner la possibilité de déterminer une forme de bilan, telle qu'elle puisse être adoptée par toutes les entreprises, quel que soit leur mode d'activité.
Léautey, en 1880, étudie cette possibilité d'un bilan type en même temps qu'il propose des modifications au Code de commerce.
En 1900, le Ministre de la Justice, M. Vallée, nomme une Commission, la Commission Neymarck, pour « la recherche de moyens propres à établir, au moyen des comptabilités, des statistiques internationales ».
En 1902, la Commission dépose un rapport négatif : la question posée ne peut être résolue, il faudrait trop réglementer.
En 1920, M. Fleury Ravarin, député, dépose une proposition de loi tendant à réglementer les comptabilités. Cette proposition n'eut pas de suite.
Cependant le problème du bilan type continuait d'être étudié, et l'on peut considérer qu'il a trouvé son ...
15
Mar
La synthèse des actifs et des passifs est fort simple : il suffit de virer les soldes d'actif et de passif dans un compte unique appelé Bilan, ou, plus précisément, Bilan de clôture. Ce compte représente ainsi la situation de l'entreprise à un instant donné. Son solde est le « résultat de situation» de l'exercice. Et c'est bien ainsi que l'on procédait en fait autrefois, à partir du XVIIe siècle.
De nos jours, au contraire, les écritures de transfert des soldes des comptes d'actif et de passif, dans un compte appelé Bilan, sont très rarement inscrites en comptabilité. Le Bilan n'est plus qu'un tableau, dressé en dehors des livres, hors comptabilité. Le procédé est évidemment plus simple, mais il en résulte un inconvénient : on risque de perdre de vue que le bilan est, somme toute, un compte recevant les soldes des comptes d'actif et de passif, et non pas un ...
15
Mar
Beaucoup d'entreprises ne veulent pas se contenter de connaître leur situation et leurs résultats à l'époque du Bilan. C'est tous les mois qu'elles veulent avoir une vue au moins approximative de leur situation et de leur résultat.
A cet effet, elles établissent ce qu'on appelle une situation mensuelle provisoire.
Pour établir cette situation, l'entreprise comptabilise chaque mois les écritures de redressement(2) exactement comme elle les comptabiliserait en fin d'année, à cela près peut être que, s'agissant de raisonner sur des ordres de grandeur, et non d'établir un bilan rigoureusement précis, les écritures de redressement sont passées d'une façon un peu plus sommaire, et sans trop raffiner sur les détails, l'essentiel étant ici d'agir vite. Les amortissements, bien entendu, sont passés chaque mois par douzièmes de leur montant annuel.
En admettant qu'elles aient même pu rectifier leur stock, si elles dressent une balance après ces redressements, cette balance est identique à une balance d'inventaire. ...
15
Mar
Le Plan Comptable Général, comme l'avait fait précédemment le Plan Rationnel d'Organisation des comptabilités du C.N.O.F., a adopté la classification rationnelle d'une façon presque rigoureuse pour l'actif et le passif, dans leur présentation au bilan.
En ce qui concerne au contraire les Charges et les Produits, il semble que le Plan ait écarté la classification rationnelle. La question fut pourtant étudiée, notamment en 1950 et 1957, avant la troisième édition du Plan Comptable.
La conclusion a été que la classification rationnelle des Charges et des Produits ne peut trouver sa place dans un plan général, destiné à être appliqué dans toutes les entreprises, car il s'agit d'une classification des faits eux mêmes suivant leur fonction économique dans une entreprise donnée, et que cette classification ne peut être réalisée de façon précise qu'à l'intérieur même de cette entreprise, pour les besoins de l'entreprise, ou à la rigueur à l'intérieur d'une profession, ici, du ...
15
Mar
Classification rationnelle se propose de classer non pas des comptes, mais des Faits : tous les Faits susceptibles d'être enregistrés un jour dans la comptabilité, quand bien même ces faits ne seraient pas actuellement connus.
Deuxième principe: En partie double, puisque cette méthode comporte « deux comptabilités distinctes », tous les Faits susceptibles d'influer sur le Résultat font l'objet de deux classifications, d'une part en les considérant comme causes directes du résultat , d'autre part dans leurs effets sur les éléments du patrimoine de l'Entreprise, ce qui détermine aussi le Résultat.
Troisième principe : Selon le principe de Descartes, la Classification rationnelle procède à des analyses successives, chaque analyse étant totale, c'est à dire conçue de façon à ne pouvoir laisser échapper aucun Fait.
Quatrième principe : La Classification rationnelle se propose comme fin de faciliter l'étude de la situation et de la gestion de l'entreprise.
Pour atteindre ce but, les Faits, considérés en ...
15
Mar
C'est, semble t il, entre 1915 et 1920, que commence à se répandre une nouvelle classification des comptes d'Actif et de Passif, dite Classification rationnelle, qui devait aller sans cesse en se perfectionnant et en s'affirmant. Son auteur nous est inconnu. Mais nous avons de bonnes raisons de croire qu'elle est née à 1'Ecole des Hautes Etudes Commerciales, et qu'elle est le fruit des réflexions communes de nombreux professeurs.
Cette Ecole, « l'H.E.C. », a eu sur la comptabilité moderne une influence incontestable, très grande et très heureuse à la fois.
L'une de ses caractéristiques est que très fréquemment les Professeurs et les examinateurs sont d'anciens élèves.
Il en résulte une véritable tradition ainsi qu'un esprit d'équipe très favorable à la formation d'une doctrine.
La classification rationnelle fut conçue tout d'abord pour les comptes du Bilan seulement. On l'étendit plus tard aux comptes de Charges et de Produits. Ainsi complétée, elle repose toute entière ...
15
Mar
Si le Journal est l'âme de la comptabilité, le Grand Livre, en tant que réceptacle matériel des comptes, ne présente aucun intérêt.
Par simple curiosité, rappelons quelques faits historiques:
Paris, 1675. Savary nous parle non seulement du Livre d'extraits du Journal, c'est à dire du Grand Livre, mais aussi du Livre d'extraits du Journal d'achats, c'est à dire du Grand Livre des Fournisseurs.
C'est l'apparition des Grands Livres auxiliaires ; elle devait évidemment correspondre dans le temps à l'invention des articles condensés au Journal général.
Amsterdam, 1709 (en français). Ricard préconise un système analogue au chiffrier pour vérifier les reports.
Paris 1790. Degranges invente le Journal Grand Livre, baptisé, on ne sait pourquoi, Journal américain par un Belge, Roland, en 1852.
Paris 1816. Gérard, décrit le chiffrier tel que nous le connaissons.
Paris 1816. Quiney, recommande l'emploi des reliures à feuillets mobiles.
Et, depuis, le Grand Livre est ...
15
Mar
Faut il conclure de ces règles que le Journal sera toujours nécessairement un Registre? Que le paraphe subsistera sous sa forme actuelle? Que même les Journaux conserveront leur aspect traditionnel?
Nous ne le pensons pas. D'autres procédés d'authentification peuvent être imaginés, tel celui qui fut préconisé par Gabriel Faure et qui consiste à utiliser des Registres à souches analogues aux registres d'actions ou d'obligations. On pourrait les faire parapher avant tout usage, les utiliser en feuilles volantes, et les faire relier à nouveau après usage.
Peut être pourra t on un jour faire parapher des rouleaux de papier pour machines travaillant « en continu » ou même des liasses de feuilles volantes, numérotées et datées, à l'entête de l'Entreprise?
Le Plan Comptable général (édition de 1947) est entré franchement dans cette voie. Après avoir dit que les différents livres ou documents comptables (à l'exception du Livre d'inventaire qui doit toujours être relié) peuvent ...
15
Mar
Ainsi donc, dès le début du XVIIe siècle avec Turquet de Mayerne, Stévin, Boyer, existent les principes de ce qui sera le Système Centralisateur:
Suppression du Journal unique, remplacé par des Journaux divisionnaires, en nombre variable, selon la complexité des opérations, tous tenus selon les règles que la pratique et la loi imposent à tout Journal pour qu'il puisse remplir son rôle technique : expression en formules comptables des opérations effectuées, une par une, et son rôle juridique: preuve préconstituée des opérations effectuées.
Ces journaux divisionnaires comportent des colonnes d'analyse pour faciliter la condensation des écritures.
Apparition d'un document d'importance secondaire et d'une utilité contestée, généralement un registre, appelé à tort Journal général, ayant seulement pour objet de révéler l'existence de tous les Journaux divisionnaires pour qu'aucun ne puisse être dissimulé, et de préparer, par centralision des écritures, les reports au Grand Livre .
Souvent d'ailleurs aujourd'hui, dans les Comptabilités centralisatrices les plus modernes, ...
15
Mar
Quels développements, quelles transformations, le Journal va t il subir à travers les âges?
Anvers, 1550.-Mennher de Kempten préconise la division du Mémorial par nature d'opérations (livres auxiliaires).
Amsterdam, 1581. -Pietri également.
Paris, 1599.-Turquet de Mayerne voudrait qu'une ordonnance rendît obligatoire de tenir les livres auxiliaires, chacun en forme de journal paraphé (comme le prescrivait d'ailleurs Pacioli).
Ce seraient alors des journaux divisionnaires.
Il lui suffirait au surplus que ce fût le Maître qui paraphât ses propres livres.
Leyde, 1602 (en français). -Stévin montre la possibilité de ne pas recopier intégralement au Journal les livres auxiliaires ; il utilise systématiquement des écritures condensées, par Foire ou par trimestre (Piétri, 1581, en faisait déjà un usage accidentel).
Lyon, 1627. Boyer remarque que si tous les livres auxiliaires sont tenus en forme de Journal (comme le souhaitait Turquet de Mayerne), et seulement reportés par articles condensés sur un journal principal (comme le précise Stévin) ce Journal principal, que nous ...