Le déroulement de la mission d’audit
March 13, 2008 – 10:02 am
La suite de ce chapitre est consacrée à l’analyse de l’audit des comptes consolidés d’une société multinationale. Par nature, l’audit d’un groupe international pose des problèmes particuliers de planification, de réalisation et de contrôle qui nécessitent une planification stratégique, une évaluation précise des risques, l’élaboration d’instructions claires et un accord sur la manière dont les résultats de la mission seront communiqués.
Avant de s’intéresser plus spécialement aux particularités de l’audit d’un groupe, il convient de rappeler les principes de base de tout audit comptable.
Les aspect essentiels de l’audit
Une approche moderne de l’audit considère celui ci comme un service commercial de nature professionnelle, utile aussi bien à la direction de l’entreprise qu’aux utilisateurs des états financiers. Les méthodes employées doivent répondre aux besoins et aux préoccupations de ces deux catégories d’utilisateurs. Elles nécessitent une compréhension de l’activité du client, de la nature de ses opérations et de ses systèmes d’information. Les états financiers sur lesquels les auditeurs ont à se prononcer reflètent les résultats de l’activité de l’entreprise. Une bonne compréhension de celle ci est donc indispensable à l’accomplissement de la mission.
Le jugement personnel intervient dans chaque aspect du travail de l’auditeur car la certitude est hors d’atteinte, comme lors de l’établissement des comptes. L’auditeur doit en permanence faire appel à ses facultés de jugement pour non seulement apprécier la rationalité des nombreuses décisions et estimations dont dépendent les états financiers, mais aussi pour analyser ses propres observations qui n’ont, de toute façon, qu’une valeur indicative.
Les auditeurs sont davantage préoccupés par les états financiers dans leur ensemble que par les transactions et les soldes individuels. L’audit ne commence pas par l’examen des opérations et des documents, mais par une revue de l’activité de la société. Les points clés portent sur l’organisation de l’entreprise, le fonctionnement de ses unités opérationnelles et sur le mode de direction, de contrôle et de comptabilisation de ses opérations. Cela permet à l’auditeur d’identifier rapidement les aspects de l’activité les plus susceptibles d’affecter les états financiers et donc de faire porter la majorité de ses efforts sur ces points. Une société peut par exemple exercer différentes activités, ses bénéfices peuvent en grande partie provenir d’un secteur particulier; elle peut aussi être soumise à certains risques importants (pertes de change, pertes sur contrats à long terme, etc). Une bonne connaissance des activités de l’entreprise et de son organisation permet de mieux évaluer les risques et d’élaborer une stratégie d’audit adéquate.
Pour appliquer cette approche «du haut vers le bas », l’auditeur scinde généralement sa mission en plusieurs parties qui correspondent le plus souvent à des unités opérationnelles distinctes et qui reflètent donc la façon dont l’entreprise est organisée. Les états financiers de ces unités opérationnelles sont eux mêmes décomposés en différentes parties (produits, charges, actif, dettes, etc.) pour lesquelles l’auditeur examinera les risques et les contrôles possibles. Les procédures d’audit choisies devront faire en sorte d’apporter une justification suffisante à l’évaluation de chaque élément des états financiers.
La nature, l’étendue et la durée des procédures d’audit dépendent de l’évaluation que l’auditeur fait du risque que chaque élément soit entaché d’erreurs ou d’irrégularités. Elles dépendent aussi de l’efficacité de procédures alternatives. Ainsi la comptabilisation d’un profit sur un contrat à long terme pour lequel le client n’a pas encore fait la moindre avance de fonds justifierait que l’on vérifie le mode de calcul des coûts et des profits correspondants et que l’on s’assure que le client est d’accord sur le montant du contrat et qu’il a les moyens de payer. À l’inverse, une usine de production que l’entreprise possède depuis de nombreuses années et dans laquelle elle fabrique ses principaux produits ne nécessite pas une investigation approfondie.
À l’intérieur de la société d’audit, chaque client est sous la responsabilité d’un associé. L’audit d’une entreprise individuelle est effectué sous la supervision d’un manager (un «senior ») qui, le plus souvent, a obtenu son examen professionnel et qui est assisté de plusieurs collaborateurs moins confirmés (les « juniors ») qui en sont à différents stades de leur formation professionnelle et qui accomplissent l’essentiel des contrôles sur le terrain. La mission s’effectue conformément aux normes d’audit en usage dans le pays de l’entreprise cliente.