Le cycle d’audit
March 13, 2008 – 10:03 am
Bien que les différentes étapes puissent varier d’une mission à l’autre, chaque audit comporte en général trois phases : la planification, l’exécution et la synthèse. Cela suggère que la mission a un commencement et une fin. En fait, il s’agit d’un cycle car le compte rendu de l’audit d’une année sert naturellement de base à la planification de la mission de l’année suivante. La connaissance accumulée au fil des années contribue à améliorer l’efficacité des audits ultérieurs.
Les clients opèrent dans des secteurs d’activités distincts, sont exposés à différents risques et utilisent des systèmes de comptabilité et de contrôle de gestion très divers. Une planification préalable de la mission est donc nécessaire pour s’assurer que les risques et les problèmes particuliers posés par le client seront examinés. Cette phase de planification comporte plusieurs étapes. L’auditeur définit tout d’abord la stratégie de l’audit dans son ensemble. Il élabore ensuite, pour chaque composante individuelle, un planning détaillant les contrôles qui devront être effectués. Il prépare enfin les programmes d’audit. Tout ce travail se fonde sur les dossiers d’audit des années précédentes et sur des entretiens avec le service de contrôle interne (s’il existe) et la direction financière de l’entreprise concernée.
L’objectif de la phase d’exécution est d’obtenir suffisamment d’éléments pour bâtir le rapport d’audit, c’est à dire pour avoir l’assurance que les états financiers reflètent bien les opérations de l’entreprise et donnent une image fidèle de la situation de celle ci. Pour aboutir à cette confiance, l’auditeur peut soit procéder à des contrôles approfondis, soit faire confiance à ceux du service de contrôle interne.
Toutes les sociétés, quelle que soit leur taille, devraient mettre en place des procédures de contrôle interne pour s’assurer de la véracité de l’information comptable et pour prévenir les fraudes. Ces procédures sont établies sur la séparation des fonctions qui exige, par exemple, que les achats soient autorisés par une personne distincte de celle qui effectue les règlements et que ces derniers soient eux mêmes autorisés par quelqu’un n’intervenant ni dans la procédure d’achat ni dans celle d’émission du chèque. La mise en place de telles procédures est difficile dans les petites entreprises qui ne réalisent qu’un nombre réduit d’opérations, d’autant plus que l’informatique a généralement considérablement réduit le nombre de personnes impliquées dans le traitement de ces opérations. Les entreprises plus grandes ont souvent un service spécialisé chargé de mettre en place ces procédures et de vérifier qu’elles sont efficaces. En fonction de son appréciation sur la qualité du contrôle interne, l’auditeur déterminera si un audit approfondi est nécessaire ou non.
La phase d’exécution de la mission comprend généralement une ou plusieurs visites intérimaires effectuées avant la clôture de l’exercice, et une visite finale après celle ci. Dans les entreprises indépendantes de petite taille, l’audit est généralement réalisé après la clôture des comptes mais beaucoup d’entreprises souhaitent pouvoir établir leurs comptes le plus tôt possible. Il est donc souvent nécessaire de démarrer l’audit avant même la clôture de l’exercice. Les groupes qui doivent consolider les comptes de nombreuses filiales ont besoin que l’audit de celles ci soit terminé avant le début du processus de consolidation. Les grandes entreprises cotées essaient souvent d’annoncer une estimation du résultat dans les trois mois suivant la clôture de l’exercice. Cela suppose que l’établissement de leurs états financiers soit déjà très avancé à cette date. Les contraintes de temps résultant de la nécessité de pouvoir annoncer une estimation du résultat au marché financier provoquent une pression considérable sur les firmes d’audit et il est souhaitable d’être en mesure d’identifier les problèmes potentiels le plus tôt possible.
Lors de la phase finale, l’associé responsable et les seniors de l’équipe d’audit examinent les résultats des travaux effectués. L’objectif est de s’assurer que le plan de la mission a été effectivement réalisé, de déterminer si les faits constatés ont été correctement analysés et si les objectifs de la mission ont été atteints.
Lorsque l’auditeur pense que certaines évaluations sont injustifiées ou lorsqu’il n’est pas d’accord avec la solution comptable utilisée, une discussion a lieu avec la direction de l’entreprise concernée. Le plus souvent, le problème est résolu à la satisfaction de l’auditeur mais il peut arriver que ce dernier fasse des réserves dans son rapport. Généralement, l’auditeur rédige pour la direction de l’entreprise un rapport qui décrit en détail les anomalies constatées et les points qui méritent attention. Ce rapport, bien que faisant partie intégrante de la mission, n’est pas communiqué aux actionnaires. Les années suivantes, l’auditeur vérifiera que des mesures ont été prises pour remédier aux faiblesses identifiées.
À ce stade, il est également nécessaire de pratiquer une revue de détail des états financiers qui servira de base au rapport d’audit, au même titre que les conclusions tirées des contrôles pratiqués. Cette revue portera essentiellement sur les postes les plus importants et sur ceux qui présentent les plus grands risques, pour s’assurer que ces éléments ont été correctement traités à la fois lors de l’établissement des comptes et dans la mission d’audit.