Les impôts différés

Le principe de rattachement des charges aux produits exige que l’impôt soit comptabilisé dans le même exercice que les opérations qui lui ont donné naissance, même si son paiement effectif est reporté à une période ultérieure ou, au contraire, anticipé. Chaque fois que l’exercice d’imposition d’un produit ou de déductibilité fiscale d’une charge diffère de l’exercice de comptabilisation de ce produit ou de cette charge, il en résulte un impôt différé ou anticipé. L’importance de ces montants dépend, on l’aura compris, de l’étroitesse de la relation entre règles fiscales et comptables.

Dans les pays d’alignement de la comptabilité sur la fiscalité (Allemagne, Japon et, dans une moindre mesure, Espagne, Italie, France), les sources d’impôts différés sont peu nombreuses, de sorte que ces pays accordent assez peu d’importance au sujet. Les impôts différés sont rarement mentionnés dans les états financiers individuels de ces pays et, même au niveau consolidé, les montants sont en général modestes. En revanche, dans les pays anglo saxons, caractérisés par l’indépendance quasi absolue des règles comptables et fiscales, la réglementation est assez précise et les montants concernés sont parfois considérables.

Les règles de comptabilisation des impôts différés s’articulent autour de deux axes. Le premier oppose les partisans d’un calcul global, tenant compte de l’ensemble des différences temporaires, à ceux qui préconisent l’exclusion des écarts récurrents ou ne se résorbant qu’à long terme. Dans le premier groupe figurent notamment les États Unis, alors que la Grande Bretagne se range plutôt dans la seconde catégorie, puisque la norme SSAP 15 prévoit la prise en compte des seules différences devant se matérialiser sous la forme d’une créance ou d’une dette d’impôt dans un avenir proche (même s’il existe un mouvement en faveur du calcul global).

Une autre différence mérite d’être signalée. Elle concerne cette catégorie particulière de différences temporaires que constituent les pertes fiscales reportables. La perte d’un exercice est généralement déductible des bénéfices des exercices suivants, au moins pendant un certain temps. Tout résultat déficitaire provoque donc une économie potentielle d’impôt qui ne deviendra effective que si l’entreprise dégage, dans le délai fixé, des bénéfices d’un montant au moins équivalent à la perte reportée. Compte tenu de l’incertitude inhérente à une telle hypothèse, les normes comptables prévoient généralement un traitement spécifique pour les pertes fiscales reportables : aux États Unis, cependant, ces éléments sont traités comme les autres différences temporaires.

Le second axe concerne le traitement des soldes d’impôts différés au cours des exercices suivants. Il permet de distinguer la méthode du report fixe (de ferra méthode) et celle du report variable (liability methode). La première considère le solde d’impôts différés comme définitif; ce montant n’est donc pas modifié en cas de changement ultérieur de la réglementation fiscale. Selon la méthode du report variable, les postes d’impôts différés sont ajustés en fonction des modifications de la législation. Après une longue période d’hésitation marquée par de nombreux revirements, en particulier aux États Unis, la méthode du report variable semble devoir s’imposer dans les pays anglo saxons.

Signalons enfin que la réglementation actuelle est susceptible d’évoluer très prochainement avec l’adoption de la nouvelle norme de l’IASC qui s’aligne sur un nouveau concept de différences temporaires 4 déjà en usage aux États Unis.

 

7 commentaires pour “Les impôts différés”

  1. je souhaite que vous m’envoyer parfois les cours de comptabilite parce que nous ici en rdcongo nous venos d’adopter le systeme comptable de l’ohada;merci.

  2. est ce qu’il y a lieu d’enregistrer des impôts différés dans le cas d’une entreprise ayant un résultat déficitaire

  3. Bonjour

    Je etravaille pour une filiale d’une multinationale Americaine et je souhaite un résumé avec des exepmles de calcul et de comptabilisation de l’impot différé

    Merci d’avance

  4. j aimerai bien avoir des explications et des examples sur l’impot differè et l impot latent merci

  5. bonjour
    Je suis comptable et je souhaite un résumé avec des exepmles de calcul et de comptabilisation de l’impot différé

    Merci d’avance

  6. Dans le cas d’un groupe de sociétés qui soumis à une imposition fiscale sur ses états consolidés, il y’a-il lieu de constater un impôt différé pour les sociétés qui ont réalisé un résultat déficitaire. Autrement dit, vu que l’IBS est payé sur le résultat consolidé l’entité dificitaire ne paut bénéficier du report auprès de l’administration fiscale et un gain d’IBS est constaté au niveau de la maison mère.

  7. Dans le cas d’un groupe de sociétés qui paye un IBS calculé sur le résultat consolidé et qui, de ce fait, constate un gain d’impôt relatif à la compensation entre les résultats des sociétés bénéficiaires et ceux des sociétés déficitaires :
    Doit-on dans ce cas constater un impôt différé actif pour les sociétés déficitaires ? merci

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