Le traitement des opérations en devises étrangères
March 13, 2008 – 5:16 pm
La comptabilisation des opérations en monnaie étrangère est à l’origine de multiples variantes qui perturbent la lecture des états financiers des entreprises dont l’activité est fortement internationalisée. La première difficulté réside dans le traitement des pertes et gains de change non réalisés à la clôture de l’exercice. Toutes les réglementations stipulent que les créances et dettes en monnaie étrangère doivent être converties au taux de clôture, mais les différences de change qui en résultent ne sont pas traitées de la même façon partout. Dans les pays anglo saxons, ces écarts, qu’ils soient positifs ou négatifs, sont comptabilisés dans le résultat de l’exercice en cours. D’autres pays (France notamment) considèrent que le principe de prudence s’oppose à l’enregistrement de profits non réalisés. Les gains potentiels ne sont donc pas considérés comme des produits mais inscrits dans des comptes d’attente au passif du bilan. Cette solution aboutit à sous évaluer le résultat de l’exercice puisque les pertes potentielles sont, quant à elles, bien évidemment comptabilisées en charges.
Les états financiers en devises étrangères peuvent également être convertis de multiples façons. Les méthodes définies par l’IAS 21 (méthode du taux de clôture et méthode temporelle) ne sont pas les seules. On rencontre également parfois la méthode «monétaire/non monétaire », qui consiste à convertir les éléments monétaires au taux de clôture et les autres au taux historique. Chaque méthode fait également l’objet de plusieurs variantes, de sorte que les possibilités de choix sont finalement nombreuses. Même pour les méthodes les mieux codifiées, les domaines d’application ne sont pas toujours respectés. On constate en effet que la plupart des entreprises n’utilisent que la méthode du taux de clôture, qui devrait pourtant être réservée aux seules filiales autonomes. Mais tout ceci est finalement secondaire tant que la méthode choisie est appliquée de manière permanente.
La question du traitement des écarts de conversion est beaucoup plus délicate. En effet, compte tenu de leur niveau parfois considérable, ces écarts peuvent, selon qu’ils sont inscrits dans le résultat ou dans les capitaux propres, influencer de façon importante l’appréciation des performances et de la situation financière de l’entreprise. En principe, les règles sont précises: l’écart résultant de la méthode du taux de clôture est comptabilisé dans les capitaux propres, alors que celui obtenu par la méthode temporelle doit être incorporé au résultat. Mais ces principes ne sont pas toujours respectés, de sorte que l’analyste devra être vigilant et s’assurer que le traitement retenu ne vise pas à orienter l’évaluation des performances et de la situation financière. On peut imaginer en effet que les entreprises soient tentées d’enregistrer dans le compte de résultat les écarts favorables et dans les capitaux propres les écarts négatifs, comme l’a montré l’affaire Polly Peck 1 en Grande Bretagne.